Yearly Archive 2020

ByThèrese

RDC : Douce Namwezi, la seule congolaise parmi les 100 femmes influentes du monde plébiscitées par BBC pour 2020.

La BBC a dévoilé sa liste de 100 femmes inspirantes et influentes du monde entier pour 2020. Cette année, 100 femmes mettent en lumière ceux qui mènent le changement et font la différence en ces temps de turbulence.

La liste de la BBC comprend Sanna Marin, qui dirige le gouvernement de coalition entièrement féminin de la Finlande, Michelle Yeoh, star des nouveaux films Avatar et Marvel et Sarah Gilbert, qui dirige la recherche de l’Université d’Oxford sur un vaccin contre le coronavirus, ainsi que Jane Fonda, une militante pour le climat et actrice.

Douce Namwezi N’Ibamba est la seule femme de la République Démocratique du Congo sur cette liste de 100 femmes influentes au monde.

Douce Namwezi N’Ibamba est journaliste multimédia et fondatrice de Uwezo Afrika Initiative, une entreprise à but non lucratif promouvant l’autonomisation des femmes par le journalisme, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat social. Elle combat les tabous autour des menstruations en mettant à la disposition des étudiantes et des femmes en République démocratique du Congo des kits d’éducation sexuelle et d’hygiène.

Qu’est-ce que 100 femmes de la chaîne britannique BBC?

BBC 100 femmes nomme chaque année 100 femmes influentes et inspirantes à travers le monde.

« Nous créons des documentaires, des longs métrages et des interviews sur leur vie, donnant plus d’espace pour les histoires qui mettent les femmes au centre », peut-on lire sur le site de la BBC.

Comment les 100 femmes ont-elles été choisies?

L’équipe des 100 femmes de la BBC a dressé une liste restreinte basée sur les noms recueillis par eux et suggérés par le réseau des équipes linguistiques du Service mondial de la BBC.

« Nous recherchions des candidats qui avaient fait la une des journaux ou influencé des histoires importantes au cours des 12 derniers mois, ainsi que ceux qui ont des histoires inspirantes à raconter, qui ont réalisé quelque chose d’important ou qui ont influencé leur société d’une manière qui ne ferait pas nécessairement l’actualité. Le pool de noms a ensuite été évalué par rapport au thème de cette année – les femmes qui ont conduit le changement – et mesuré pour la représentation régionale et l’impartialité due, avant que les noms définitifs ne soient choisis », fait savoir BBC 100 femmes influentes.

Qui est Douce Namwezi N’Ibamba?

Née à Bukavu au Sud Kivu le 11 février 1989 et de nationalité congolaise, Douce Namwezi est issue d’une famille des parents infirmiers. Elève des pères jésuites du Collège Alfajiri, parlementaire au sein du Carrefour des enfants du Congo, licenciée en relations internationales de l’Université Officielle de Bukavu, journaliste à Mama Radio de lAssociation des femmes des médias, activiste et défenseure de l’égalité du genre et épouse d’un avocat.

Ce parcours forge le destin de l’initiatrice et directrice d’Uwezo Afrika Initiative. Elle brise les tabous autour de la santé menstruelle et accompagne les jeunes élèves. Touchée par la situation sanitaire des femmes, Douce Namwezi abandonne le micro et la direction de Mama Radio en 2018. Elle effectue un saut dans l’inconnu et crée   Uwezo Afrika Initiative pour apporter d’abord une réponse concrète à l’hygiène menstruelle. Cette association fabrique des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables, vendues à un prix très abordable voire distribuées gratis aux personnes vulnérables.

Uwezo Afrika Initiative mène une enquête sur l’hygiène menstruelle qui reste un tabou dans les familles. Seulement 3 % des parents ont le temps d’échanger avec leurs enfants sur les questions de santé sexuelle. 89% des filles sont informées sur la gestion de l’hygiène menstruelle par des amies ou des condisciples de classe. 60% des filles ratent des cours parce que surprises par les menstrues à l’école.

Douce Namwezi crée des clubs Maisha dans les écoles de trois communes de la ville de Bukavu. Des échanges sont tenus régulièrement sur la gestion du cycle menstruel et l’utilisation des serviettes hygiéniques dans le but de briser le tabou autour de la menstruation. Les jeunes filles élèves reçoivent chacune un paquet des serviettes hygiénique de la marque Maisha Pad fabriqué par Uwezo Afrika Initiative.

Douce  Namwezi N’Ibamba combine les identités de sa mère Claudine Namwezi et son père Lambert NIbamba. Le nom étant un présage, les blouses blanches de ces deux infirmiers lui inspirent l’hygiène. Les pères jésuites lui inculquent qu’elle compte dans la société.

Le Carrefour des enfants du Congo (Careco) lui apprend les joutes parlementaires. L’Université Officielle de Bukavu (Uob) lui enseigne l’analyse des contextes. Mama Radio lui donne le micro.

Elle a dirigé l’Association des Femmes des Médias « AFEM ». La  cerise sur le gâteau, elle épouse Me Placide Nyenyezi Ntole, un avocat près la cour d’appel de Bukavu.

Douce Namwezi n’est pas encore celle qu’elle doit être dans et pour la société. Elle rêve d’avantage pour la promotion des droits des femmes et l’accès des dames aux soins de la santé de la reproduction.

Avec Libre Grand Lac

 

ByThèrese

Feuillet Bimensuel Maisha 4: 17 cas des Violences Basées sur le Genre à Bukavu ainsi que dans le territoire de KABARE

Des cas de violences sexuelles dont le viol sur mineures et les grossesses précoces et non désirées continuent à être quotidiennement répertoriés dans la ville de Bukavu ainsi que le territoire de kabare. La fermeture des écoles, la fermeture des frontières Rwanda-RDC (les conditions actuelles pour traverser n’étant pas adaptées à toutes les bourses) et la conjoncture économique, ont des répercussions néfastes sur les droits des femmes et des jeunes filles. Du 16 Aout au 31 Aout 2020), Uwezo Afrika Initiative a répertorié 17 cas des Violences Basées sur le Genre à Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de KABARE (Groupements de Mudaka et Ludaha) et dont voici la synthèse dans ce quatrième feuillet.

Pour plus des détails, cliquer sur le lien ci-dessous.

feuillet bimensuel sur les Violences Basées sur le Genre,numero 4 (1)

ByThèrese

Feuillet Bimensuel Maisha 5: 23 cas de violences basées sur le genre répertoriés à Bukavu et à Kabare(axe Mudaka et Ludaha)

23 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de la ville de Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de Kabaare (l’axe Mudaka et l’axe Ludaha (Du 1er au 15 Septembre 2020)
Grâce au monitoring réalisé quotidiennement depuis le début du mois de juillet, 23 cas des Violence Basées sur le genre ont été répertoriés dans les différents milieux concernés durant la premiere moitié de ce mois de Septembre. La plupart de ces cas sont relatifs aux violence s sexuelles dont les grossesses précoces, les mariages forcés des filles mineurs et des violences domestiques à l’encontre des filles et femmes. Les femmes exerçant le petit commerce sont particulièrement affectées économiquement par la fermeture des frontières entre le Rwanda et la RDC, les tracasseries policières et la hausse du taux de change entre les dollars américains et les Francs congolais ainsi que des besoins sexo-spécifiques des femmes liés à la maternité.

Pour aller plus loin, cliquer sur le lien ci-dessous

Feuillet bimensuel sur les violences basées sur le genre N°5

ByIsaac Musharamina

Étude sur l’impact de la Covid-19 sur l’équité du genre au Sud-Kivu(Uwezo Afrika- DDC)

En date du 24 mars 2020, 10 jours après la détection du premier cas de covid-19 en RDC, l’état
d’urgence sanitaire est décrété par le président de la République suivi des plusieurs mesures pour
endiguer la propagation de la maladie. Le 29 mars, deux premiers cas sont enregistré à Bukavu dans
le Sud-Kivu. Suite à la propagation rapide la pandémie, l’état d’urgence prévu pour 14 jours s’est vu
rallongé avec des durées de 14 jours chaque fois. Sur le plan social, il est observé une explosion
des cas de violences domestiques sur les femmes et filles pendant le confinement, ces dernières
étant obligées de rester enfermées toute la journée avec leurs « agresseurs ». Par la fermeture
des commerces, des institutions, des écoles, églises et bars, par l’instauration de l’état d’urgence
et la fermeture des frontières avec le Rwanda et le Burundi, les femmes qui sont des pourvoyeurs
économiques des ménages, se retrouvent dans une situation de profonde précarité. Elles sont du
coup exposées aux différentes formes de violences dont les violences domestiques, physiques,
psychologiques et économiques. Alors que les abus contre ces droits sont commis tant sur les
hommes que sur les femmes, ce sont, en réalité, plus les femmes et filles qui en sont victimes, au vue
des rôles traditionnels qu’elles sont appelées à jouer dans les ménages différemment des hommes,
mettant à nu les inégalités toujours persistantes entre les hommes et les femmes dans la communauté
(les tâches domestiques et familiales incombent toujours en grande partie aux femmes et filles), ce
qui accentue ainsi la vulnérabilité des femmes et filles pendant cette période de la pandémie du
coronavirus19.

Pour accéder au contenu du rapport, cliquer sur le lien ci-dessous

Etude sur l’impact de la COVID19 sur l’équité du genre au Sud Kivu_UWEZO_DDC__Aout 2020

ByThèrese

Sud-Kivu/JIFR 2020 :«Nous devons reconnaître les efforts des femmes rurales »Douce Namwezi

Depuis plusieurs années, des femmes rurales font des kilomètres à pieds pour approvisionner des villes en légumineuses et autres aliments. Ceci prouve leur engagement dans le développement de leurs pays. Occasion pour madame Douce Namwezi, coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative, d’appeler la communauté à reconnaître et soutenir la lutte des femmes rurales pour le bien de la société. Ceci en marge de la journée internationale de la Femme rurale célébrée ce Jeudi 15 Octobre 2020.

A en croire, madame Douce Namwezi, les femmes rurales jouent un rôle important dans le développement de tout pays. Ceci grâce à leur implication dans différents secteurs de la vie.

Ainsi, elle invite la communauté à reconnaître les efforts des femmes rurales et soutenir ces dernières en vue d’obtenir le respect des droits de cette catégorie de la population.

« Les femmes rurales font face à beaucoup des défis liés à l’accès aux services de santé , à l’accès à l’eau potable, à l’accès à plusieurs de leurs droits. Mais grâce à cette journée, c’est un moment de réflexion pour reconnaître tout les efforts que ces femmes sont entrain de fournir au jour le jour et aussi la lutte qu’elles sont entrain de faire pour que leurs droits aussi soient respectés »

La coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative plaide également pour l’accompagnement des femmes rurales après des perturbations de leurs activités par la pandémie de la maladie à corona virus ces derniers temps.

Notons que la journée internationale des femmes rurales est l’occasion de célébrer le rôle décisif joué par celles-ci en matière de sécurité alimentaire et de nutrition mais aussi de sensibiliser la communauté internationale afin que cette dernière continue à investir dans le rôle de chef de file des femmes et à aider leurs réseaux structurés ou informels à contribuer à la lutte contre la covid-19.

Avec kivu5.net

ByIsaac Musharamina

En RDC, des femmes adeptes des serviettes hygiéniques lavables

Dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), près de 60 % des femmes utiliseraient des morceaux de pagne comme protection hygiénique. Une pratique qui n’est pas sans risques pour la santé. Quant aux serviettes jetables, des études ont démontré leur potentielle dangerosité. Pour pallier le problème, l’association Uwezo Afrika Initiative produit depuis 2018 des serviettes lavables, faites de tissu en coton.

Selon une étude menée en 2018 par l’Unicef, « une fille sur deux (…) utilise habituellement une pièce déchirée d’un vêtement »1 en guise de protection hygiénique, dans les provinces de Kinshasa, du Haut-Katanga et du Nord-Kivu, en RDC.

Une pratique que l’on retrouverait aussi dans la province du Sud-Kivu. « Il est difficile pour certaines personnes de se trouver chaque mois des serviettes jetables, qui valent un à deux dollars américains », explique Douce Namwezi, fondatrice d’Uwezo Afrika Initiative, une organisation basée à Bukavu et intervenant dans le domaine de la santé sexuelle (lire encadré).

Risques d’infection

Mais pour le docteur Patrick Murhula, gynécologue-obstétricien à Bukavu, utiliser des morceaux de pagne peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des femmes : « Le grand problème, c’est surtout la perturbation de la flore vaginale quand on utilise ce genre de serviettes, de tissus. Ils deviennent vraiment irritables au niveau du vagin. Et cette perturbation de la flore vaginale peut entraîner beaucoup d’infections vaginales et urinaires. Cela peut aller jusqu’à des infections génitales hautes, des problèmes de stérilité, voire des cancers ».

Avoir recours à des serviettes hygiéniques jetables n’est pas non plus sans danger pour la santé et sans conséquences pour l’environnement. « Après avoir suivi un documentaire sur l’impact des protections hygiéniques sur la santé des femmes et des filles, nous avons été interpellées, se souvient Mme Namwezi. Nous ne savions pas que les serviettes jetables contenaient des produits chimiques qui peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé sexuelle et reproductive de la femme ». En effet, selon des études, certaines protections contiendraient des résidus toxiques (traces de dioxine, furane, etc.) 2.

Et d’ajouter : « La gestion des déchets dans notre ville est médiocre. Plusieurs serviettes déjà utilisées se retrouvent dans la rue lors du ramassage des déchets. D’autres sont jetées dans le lac », regrette-t-elle.

Ce sont toutes ces raisons économiques, sanitaires, mais aussi environnementales qui ont poussé l’association Uwezo Afrika Initiative à fabriquer des serviettes hygiéniques lavables et donc réutilisables (lire encadré).

Patrick Kahondwa

MAISHA PAD : « CE N’EST PAS SORCIER A UTILISER »

« Les tissus sont cent pour cent en coton pour éviter les allergies, explique Douce Namewezi, la directrice d’Uwezo Afrika Initiative. Nous mettons une étoffe légère en coton sur la partie sensible, qui est directement en contact avec le corps. Au milieu, nous avons des absorbants. Et en dessous, nous mettons des flanelles imperméables pour empêcher le passage du sang ».

Et les serviettes lavables, appelées couramment « Maisha Pad », sont simples à utiliser. « Il suffit juste de porter une culotte ou un caleçon et de placer la serviette au milieu. Il y a deux petits boutons qu’il faut tourner pour l’agrafer et éviter qu’elle ne bouge. Cela va permettre de faire tout mouvement. Dès que la serviette est pleine, il faut ouvrir les deux petits boutons, la laver à l’eau et au savon et la sécher à l’air libre, dans un endroit frais. Une fois sèche, elle doit être repassée avant d’être utilisée de nouveau ». Un paquet contient quatre serviettes hygiéniques et coûte cinq dollars américains. « Avec une petite somme, les femmes peuvent s’acheter des linges réutilisables qui vont servir pendant un à deux ans », conclut-elle.

UNE ALTERNATIVE QUI SEDUIT DE PLUS EN PLUS DE CONGOLAISES

« Je ne dépense plus comme avant »

Linda Mugoli, 25 ans, utilise des serviettes lavables depuis déjà un an. Elle n’y trouve que des avantages : « Avant, j’utilisais au moins cinq paquets par mois quand j’avais mes règles et cela me coûtait dix mille francs chaque mois. Il m’arrivait parfois de ne pas avoir d’argent et mes serviettes s’épuisaient. J’avais vraiment des difficultés à m’en procurer. Depuis que j’ai commencé à utiliser les serviettes réutilisables, je ne dépense plus comme avant. En plus, je n’ai plus d’infections et de maladies ».

« C’est très hygiénique »

« Avant, j’avais des problèmes de frottement, de transpiration et, par moments, des blessures aux cuisses. Et chaque mois, je dépensais au moins trois dollars pour mes serviettes et celles de ma fille. Depuis huit mois déjà, j’utilise ces serviettes lavables. C’est très hygiénique », précise Gisèle Nabintu.

 

A QUAND DES SERVIETTES GRATUITES ?

L’association Uwezo Afrika Initiative produit deux cents serviettes hygiéniques, chaque semaine. La quantité double ou triple lors des commandes faites par différentes organisations qui travaillent dans l’humanitaire. « Depuis un an, certaines organisations non gouvernementales prennent en compte ce besoin sexo-spécifique des femmes et font des distributions aux utilisatrices. Raison pour laquelle nous pouvons arriver à mille par semaine », explique Douce Namwezi.

En effet, le prix d’un paquet reste encore cher pour certaines femmes. « Mon rêve est de rendre gratuit tout ce qui a trait aux règles. Mais les moyens ne le permettent pas encore », regrette-t-elle. Les règles sont naturelles. Elles ne doivent impliquer aucune dépense. La santé sexuelle et reproductive passe avant tout.

Mme Namwezi souhaite ainsi que le gouvernement congolais investisse dans ce projet pour permettre aux élèves et à toutes les femmes de bénéficier de ces serviettes gratuitement.

D’autant que le manque de fiabilité des morceaux en pagne et les toilettes parfois insalubres dans les établissements scolaires poussent toujours certaines jeunes filles à rester à la maison lorsqu’elles ont leurs règles. Et elles manquent, ainsi, régulièrement l’école.

UWEZO AFRIKA INITIATIVE

L’association Uwezo Afrika Initiative a été fondée en 2018, à Bukavu, par Douce Namwezi, journaliste. « J’ai beaucoup échangé avec les femmes et les filles lorsque j’étais sur le terrain, et j’ai réalisé à quel point la santé sexuelle et reproductive restait un sujet tabou. En parler à travers les médias n’était pas suffisant. J’ai donc décidé de créer cette association pour aller plus loin », explique la fondatrice.

L’équipe a commencé par des sensibilisations et des échanges avec des élèves dans des communautés marginalisées afin de lever tous les mythes, notamment autour de la menstruation.

L’association souhaite aussi initier les jeunes et les femmes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication pour leur permettre d’en faire un meilleur usage. Et elle compte aussi développer des activités génératrices de revenus et des partenariats afin d’assurer sa pérennité financière et mener des actions dans d’autres provinces de la RDC.

AVEC RFI

https://www.rfi.fr/fr/m%C3%A9dias-partenaires/20201001-rdc-femmes-adeptes-serviettes-hygi%C3%A9niques-lavables?ref=wa

ByThèrese

Sud-Kivu : L’impunité est le facteur favorisant de la persistance des violences sexuelles à Bukavu (Douce Namwezi)

L’organisation sans but lucratif Uwezo Afrika Initiative, déplore, la persistance des violences sexuelles et celles basées sur le genre qui ne cessent de prendre de l’ampleur dans la ville de Bukavu et dans certains territoires de la province du Sud-Kivu.

Dans un entretien accordé à Radio Star Bukavu ce vendredi 28 août 2020, Douce Namwezi, coordonnatrice de Uwezo Afrika explique que, la plupart des auteurs de ces actes bien que connus sont connus, ne sont pas poursuivis par les autorités.

« La persistance des violences sexuelles et celles basées, sur le genre est favorisée, par l’impunité, car, les auteurs des viols ne sont pas punis au Sud-Kivu, ce qui conduit à ce que les filles, femmes et petits garçons continuent d’en être des victimes. Si on arrive à punir les commanditaires de ces actes, les autres ne pourront pas suivre ce chemin » Explique Douce Namwezi.

Dans leur feuille de monitoring et d’analyse des violences basées sur le genre, Uwezo Afrika a documenté 26 cas de violences sexuelles et celles basées sur le genre dans la ville de Bukavu et dans le territoire de Kabare vers Ludaha dans une période allant du 15 au 31 juillet 2020.

Ce rapport souligne que la plupart de cas ont été enregistrés lors de la période de confinement décrétée par les autorités congolaises suite à la présence de la covid19.

Cette structure recommande aux autorités politico-administratives des 3 communes de la ville de Bukavu et du territoire de Kabare de prendre des mesures pour limiter ces cas de violences et aux autorités judiciaires de sanctionner leurs commanditaires.

Avec Radio Star

ByThèrese

Feuillet Bimensuel 3: 24 cas des violences basées sur le genre à Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de KABARE (l’axe MUDAKA et l’axe LUDAHA)

Des cas de violences sexuelles dont le viol sur mineurs et des grossesses précoces et non désirées continuent à être quotidiennement répertoriés dans la ville de Bukavu ainsi que dans le territoire de Kabare. La fermeture des écoles (sauf pour les finalistes du primaire et secondaire), la fermeture des frontières Rwanda-RDC (les conditions actuelles pour traverser n’étant pas adaptées à toutes les bourses) et la conjoncture économique actuelle, ont des répercussions néfastes sur les droits des femmes et des jeunes filles. En cette moitié du mois d’ Août (Du 01 Août 2020 au 15 Août 2020), UWEZO AFRIKA INITIATIVE a monitoré 24 cas des violences basées sur le genre à Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de KABARE (l’axe MUDAKA et l’axe LUDAHA) et dont voici la synthèse dans ce troisième feuillet

Violences sexuelles à l’encontre des filles et des femmes

Agée de 13ans, Naomie BWIRA, élève et habitant de la commune de BAGIRA été engrossée par un autre élève de 17 ans. Les parents de la fille ont découvert ce 12 Aout que leur enfant est enceinte, et ont conduit de force la fille dans la famille du garçon pour y vivre.

Un cas de viol est traité à l’amiable sur l’avenue IRAMBO 2 en commune d’Ibanda ce 8 Aout 2020. Sachant que son fils, âgé de 18 ans venait d’engrosser une fille de 14 ans, FURAHISHA Eveline remet une dot à la famille de la fille alors que la famille de cette dernière avait déjà porté plainte au bureau de la police.

Dans la même commune, au quartier NYALUKEMBA sur l’Avenue Albert, un garçon de 22 ans s’est enfuit après avoir rendu grosse une fille de 14 ans. Selon les témoignages recues, la police a déjà émis un mandat de recherche contre le garçon.

A NDENDERE, une fille de 16 ans, élève à l’école MAENDELEO a été violée par un garçon de 22 ans sur l’Avenue Route d’Uvira. Etant amis, le garçon a invité la fille chez lui et profitant de l’absence de ses parents et d’autres membres de la famille, le garçon prend de force la fille. Restée sous silence depuis le mois de juin, la fille brise le silence lorsqu’elle annonce au garçon qu’elle est enceinte et que ce dernier refuse d’assumer la responsabilité.

En date du 2 Aout aux environs de 22h, une fille âgée de 15 ans est violé par un homme de 22ans à KASHUNGURI I dans le groupement de MUDAKA à Kabare. La victime revenait du mariage de sa sœur, elle a été séquestrée ensuite dans une maison d’une femme libre à qui le présumé auteur avait déjà remis une somme d’argent. Recherché par la police après son forfait, les deux complices, la femme libre connue sous le nom de Mimi et le présumé auteur du viol ont pris le large. Le commandant de l’unité de la police chargé de lutte contre le viol et violences sexuelles, Immaculée BASIGOMOLE affirme avoir interrogé les parents du garçon pour qu’ils fassent connaitre où se trouve leur fils. La fille par contre a été transférée dans une structure médicale pour les soins appropriés.

Le 4 aout, vers 11 h, dans le même groupement de MUDAKA, à KONGE I, un homme de 37 ans, enseignant de son état viole une fille de 13 ans, qui garde ses enfants. Profitant du départ de son épouse au marché, le monsieur l’a prise de force.

Accès des filles à l’éducation formelle

A IBANDA, sur l’Avenue Bourguignon, Nelly MALIYETU, élève en 2e année primaire est tabassé par son frère ce 2 Aout 2020. La fille voulait suivre les cours à distance à la radio alors que son frère suivait la musique sur le même poste récepteur.  C’est lors de cette discussion entre elle et son frère que ce dernier va lui donner des coups jusqu’à saigner du nez.

Des sources proches du lycée Mère Armanda de Murhesa indiquent qu’environ 40 filles élèves sont tombées enceintes durant la première quinzaine de ce mois d’Aout faute de manque d’encadrement.

Consterné, la Sœur Angélique regrette qu’il y ait eu suspension des activités scolaire et cette situation accentue les cas des grossesses précoces chez les jeunes filles. Contacté, Hubert CIMANUKA, le sous Proved de Kabare 2 invite les parents à encadrer les enfants durant cette période.

Comme des centaines d’autres filles rencontrées, MIHIGO Ombeni du village de MOGO dans le territoire de KABARE à BONOBONO, élève de la sixième année primaire n’a pas pu suivre les cours à distance durant la période de suspension des cours puisque son père n’avait pas de poste récepteur. Dépourvu des moyens financiers, elle vendait des avocats pour suppléer aux besoins de sa famille.

Pouvoir économique

Maman Irène, veuve et mère de 5 enfants dans le quartier NYAKALIBA sur Avenue MULONGE à Kadutu exerce une activité génératrice des revenues et vend la farine de Manioc et de Maïs. Auparavant, elle s’approvisionnait régulièrement à KAMEMBE, au Rwanda.  Elle affirme qu’elle a du mal à exercer son activité depuis que leur fournisseur n’a plus le moyen d’acheminer de la marchandise car KAMEMBE est en quarantaine et ce pour lui un problème de subvenir aux besoins de ses enfants. Des femmes se sont mises ensemble afin de payer un camion qui convoie les cartons des poissons de KAMEMBE à BUKAVU. Nicole KALEMA, une des revendeurs des poissons, indique que les propriétaires de cette marchandise ont d’abord priorisé ceux-là qui ont la possibilité d’acheter 5 cartons ou plus. Celles qui ne peuvent pas, ont du mal à accéder aux marchandises et de ce fait elles n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs familles.

A MUDAKA, Mélanie M’KASIMBIRA âgée de 57 ans et mère de 8 enfants, vendeuse de poissons, déclare ce 13 Aout que suite à la flambée des prix durant cette période de la pandémie, elle s’est retrouvé avec le capital ne pouvant couvrir que 3 cartons alors qu’elle achetait avant le mois de mars 8 cartons avec la même somme. Elle regrette que cela ait un impact pour sa famille.

Au quartier B à Bagira, Jeanine, enseignante à l’école maternelle, pique une crise d’accident cardiovasculaire suite aux pressions de son bailleur car dans l’incapacité de payer son loyer ne recevant plus de salaire depuis la suspension des activités scolaires. Ayant déjà encaissé plusieurs mois impayés, le propriétaire n’arrive plus à supporter leur présence.

Vendeuse des poireaux dans le sous village de MOGO à MBONOBONO, la femme de NKUBEHINDA MIGABO se secondait avec son mari, depuis le mois de mars, les restaurants ont été fermés et la femme ne vend plus régulièrement ses poireaux au centre-ville, leurs revenues ont été divisées par trois malgré leurs restrictions budgétaires ils ont du mal à nouer les deux bouts du mois.

Violences domestiques

En date du 7 Aout à KALERHE B/commune de Kadutu, une femme a été chassée par son mari qui l’accuse d’avoir contracté la maladie à Corona Virus. Le mari est rentré vers 21h en état d’ivresse et sa femme souffrait d’une grippe. Sous l’effet de l’alcool, il a obligé sa femme à se rendre au centre de traitement par force. En dépit de multiples négociations tenues par les sages du quartier,  le mari ne veut pas toujours du retour de sa femme sous le toit conjugale.

Le 4 Aout Marlene CUBAKA, habitante de l’Avenue MUHUNGU dans la commune d’Ibanda, avorte d’une grossesse après avoir été battue par son mari à la veille. Tout part d’une dispute à cause du repas servi à la table, qu’elle a acheté qu’avec 2000 Fc (deux mille francs congolais). De cette dispute, le mari va sauter sur sa femme et lui administrer des coups.

Le site d’information Jambo RDC dans sa publication du 5 Aout relate le témoignage d’une femme agressée par son mari durant le confinement. https://jambordc.info/sud-kivu-temoignage-sur-lecalvaire-des-femmes-mariees-pendant-le-confinement-emission/

Le 6 Aout, dans le sous village de MOGO à BONOBONO, MAOMBI MWERA, âgée de 45 ans et mère de 2 enfants a été tabassée par son mari alors qu’elle est enceinte de 7 mois. Cet homme a mis la main sur sa femme l’accusant de ne lui avoir pas donné assez des fretins secs dit « kabuchungu ». Souffrant de douleur, la femme a pris fuite car pour elle, c’était une fois de plus insupportable.

Victime d’agression Physique par son mari, madame MATABARO, mère de quatre enfants, décide de quitter sa maison ce 3 Aout. Tout part d’une dispute lorsque la femme demande à son mari des comptes concernant les semences. Interrogée, la femme raconte que ce n’est pas la première fois car son mari prend même des habits, souliers, argents de sa femme pour aller acheter de la boisson fortement alcoolisée.

Réclamant son tas de manioc que son mari a donné à sa rival, Célestine MUKESO, âgée de 67 ans est chassée de son foyer par son mari André âgé de 75 ans. Le mari ne pouvant pas comprendre les revendications de sa femme, qu’il a qualifié d’impolitesse, il chasse sa femme. Les faits se déroulent dans le village de CITUZO dans le groupement de MUDAKA/KABARE

AUTRES CAS DE VBG

CIREZI Ange, âgée de 40 ans a été brulée vive ce 4 Aout à LUHIHI suite aux accusations de sorcellerie. L’administrateur du territoire de Kabare Thaddée MIDERHO tout en instruisant les éléments de l’ordre de diligenter une enquête, il a condamné cet acte.

Mama radio reporte sur son site internet que les boissons fortement alcoolisées favorisent des violences sexuelles et basées sur le genre. Selon le président de la société civile de CIMPUNDA, il existe des endroits à CIMPUNDA où des boissons fortement alcoolisées contribuent aux violences sexuelles et les femmes en sont des premières victimes. http://www.mamaradio.info/bukavu-des-boissonsfortement-alcoolisees-favorisent-des-violences-sexuelles-et-basees-sur-le-genre/

Recommandations :

v Aux gouvernements national et provincial :

  • Stabiliser le taux de change.
  • Appuyer fortement les actions de développement (et initiatives entreprises par les jeunes et les femmes en particulier) qui assurent une forte résilience des communautés et des individus,
  • Prendre en compte les besoins sexo-spécifiques des filles et femmes dans toutes les décisions, politiques et mesures prises pendant cette période en s’assurant que les droits des femmes et des jeunes filles ne sont pas laissés pour compte.

v Aux autorités politico-administratives des 3 communes de Bukavu et du territoire de Kabare

  • Faire le suivi de prix des articles et denrées alimentaires dans différents marchés de la place.
  • Prendre des mesures pour interdire la consommation des boissons fortement alcoolisées.
  • Prendre des mesures d’urgence qui allègent les conséquences économiques de la fermeture des frontières Rwanda-RDC et Burundi-RDC ainsi que de la hausse du taux de change sur le panier de la ménagère v Aux autorités judiciaires :
  • Sanctionner les commanditaires/auteurs des viols et violences sexuelles – Sanctionner les arrangements à l’amiable.
  • Vulgariser l’arsenal juridique (lois, décrets, accords, protocoles) relatif aux violences basées sur le genre

v Aux organisations de la société civile et aux médias : 

  • Sensibiliser davantage les femmes et les filles pour qu’elles aient le courage de dénoncer tout cas de VBG sans honte ni peur.
  • De sensibiliser davantage la population sur les droits humains et les mécanismes pour exiger leur respect
  • De dénoncer les violations des droits humains et les violences basées sur le genre en particulier dans leurs familles, écoles, milieu professionnel ou dans la société v Aux parents :
  • Réduire sensiblement les travaux ménagers pour les filles et/ou les répartir équitablement entre les filles et les garçons afin de permettre un accès égal à tous les enfants à l’éducation
  • Respecter les droits des enfants et ceux des femmes en toute dignité

 

Fait à Bukavu, le 17 Aout 2020

ByThèrese

Feuillet Bimensuel Maisha 2: 26 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de Bukavu et à Kabare

26 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de la ville de Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de KABARE (l’axe MUDAKA et l’axe LUDAHA (Du 15 au 31 Juillet 2020). 

Grâce au monitoring réalisé quotidiennement depuis le début du mois de juillet, 26 cas des violences basées sur le genre ont été répertoriés dans les différents milieux concernés durant la deuxième moitié de ce mois de Juillet. Ces cas sont relatifs au faible accès aux cours dispensés en ligne et à distance (Radio et télévision) pour les élèves/étudiants en général et les élèves filles /étudiantes en particulier, souvent occupées par les travaux ménagers et sans surveillance des parents aux heures des cours. Également, des cas de violences sexuelles dont les grossesses précoces, les mariages forcés pour des mineurs et des violences domestiques à l’encontre des filles et femmes. Les femmes exerçant le petit commerce sont aussi toujours particulièrement affectées économiquement par la fermeture des frontières entre le Rwanda et la RDC ainsi que les tracasseries policières et la hausse du taux de change entre les dollars américains et les Francs congolais.

Il sied de signaler que pour le mois de Juillet, le cumul de cas de violences basées sur le genre répertorié s’élève à 48 cas.

L’accès des filles à l’éducation formelle :

A MUDUSA, dans le groupement de MUDAKA, des filles subissent une discrimination dans le partage des tâches ménagères durant cette période de suspension des activités scolaires et académiques.  ZIRUKA CIMANYIRA, une fillette de 9 ans et élève en 3eme à l’EP MUDUSA témoigne qu’elle passe toutes ses journées en train à d’exécuter des travaux ménagers à la maison au moment où ses frères, plus âgés qu’elles, sont en train de jouer et de se promener. Interrogées, sa mère indique que les travaux ménagers comme balayer la cour, puiser de l’eau, faire la vaisselle et cuisiner sont des travaux réservés uniquement aux femmes dans la maison. Pour sa part, ZIRUKA souhaite qu’elle soit aidée par ses frères pour qu’elle puisse avoir aussi le temps de suivre les cours à la radio, de jouer mais aussi de se reposer.

Pour AMINJA MWENDANGA, une élève de la 6eme année des humanités pédagogiques à l’institut KAMOLE, dans le village de Cibingu à Misongiya, en dépit d’être finaliste, elle ne suit pas les cours à distance car elle est forcée par ses parents de vendre les sojas grillés toute la journée afin de contribuer aux revenues de la famille car son père, domestique de son état dans la ville de Bukavu n’a plus d’occupation depuis le début du mois de juillet.

Violences sexuelles à l’encontre des filles et femmes

Dans le quartier Panzi à Essence, un garçon viole sa petite amie après l’avoir drogué. La victime était appelée par son petit ami qui lui a offert une bouteille de sucré, et profitant d’une petite distraction de cette dernière, le garçon a glissé de la drogue dans son verre et au moment où la fille s’est enivré, l’a conduit dans la chambre et l’a violé.  Lorsqu’elle a repris la conscience elle a constaté qu’elle a été abusée. En voulant rentrer chez elle, elle tombe dans un canal d’eau car ayant encore des vertiges et est secouru par des personnes de bonne volonté à qui elle raconte ce qui lui est arrivé. Information recueillie grâce au journal « Habari za redio club » de la radio Maendeleo le 14 juillet à 17h30.

Un cas de mariage forcé des mineurs est signalé le 16 Juillet 2020 à GIAMBA/ESSENCE, dans la commune d’Ibanda. Un garçon de 18 ans engrosse une fille de 16 ans. Ayant constaté son état, la fille se rend chez le garçon pour y rester mais le garçon n’admet pas être l’auteur de la grossesse. Afin de ne pas jeter le déshonneur sur sa famille, la maman du garçon décide de garder la fille malgré le refus de son fils.

 

Dans le même quartier, au 21 juillet 2020, après avoir remarqué que leur fille Yolande BWIRA, élève en 6éme année secondaire est enceinte, les parents décident de la conduire chez l’auteur de la grossesse et exigent que la famille de ce dernier leur verse une somme d’argent en guise de dot. En fin de compte, les deux familles décident de régler l’affaire à l’amiable.

Trois cas de violence sexuelle sur mineur ont eu lieu à Muhungu, quartier Ndendere, commune d’Ibanda. Le 23 juillet, une fille de 15 ans, élève de la 3 éme année secondaire, tente de pratiquer un avortement clandestin après avoir été engrossé par un garçon de 22 ans. La famille de la fille a porté plainte à la police mais le garçon s’est déjà enfuit. Une autre âgé de 16 ans se retrouve enceinte et ses parents l’ont amené de force dans la famille du garçon auteur de la grossesse.

A NGANKWA, dans le village de LUDAHA, l’Association pour le Développement de Cirunga ASSODESI en sigle rapporte que KABIKA MAHESHE, âgé de 17 ans a été engrossée par un garçon de 22 ans après que ce dernier lui ait offert une somme de 5000 francs congolais pour qu’elle commence à vendre les amarantes. Le dossier a été porté devant l’Officier de Police Judiciaire, le garçon continue à déclarer s’être convenu avec la fille ne voulant pas comprendre que malgré cela, il est coupable vu que la fille est encore mineure.

Dans la commune de Bagira, le 14 juillet 2020, un chauffeur et son convoyeur abusent d’une fille du nom de Francine en l’amenant de force vers la colline des cimetières de MUSIGIKO au quartier D. Elle a été violée par les deux hommes qu’elle connaissait car cette dernière étant leur cliente. La fille a été secourue par les jeunes du quartier grâce à ses cris mais l’acte du viol avait déjà été commis et les deux bourreaux ont été attrapés par les jeunes du quartier qui les ont conduits au commissariat du milieu. Finalement, les familles de la victime et celles des bourreaux se sont entendues et ont arrangé le problème à l’amiable, et les deux bureaux ont été relâchés.

 Violences relatives aux besoins sexo – spécifiques es femmes et filles

Par manque d’argent de payement de la totalité de sa facture, Maombi M’KURURA, résident au village Mbogombogo est retenue, depuis plus de deux mois, à l’Hôpital Mukongola. Ayant subi une césarienne de sa quatrième naissance, n’ayant aucune source de revenue et son mari étant en congé technique, elle a été obligé de vendre ses deux pagnes, ce qui lui a permis de payer une partie de la facture et rester avec une dette de 72$. Ainsi, elle est contrainte de rester à l’hôpital jusqu’à ce qu’elle paye, en totalité, sa facture.

Violences domestiques

Le 21 juillet, Madame FURHAHA M’MUREFU a été torturée et tabassée par son mari dans le village de Murhala, territoire de Kabare, au environ de 13heures. Tout est parti de la réclamation de la ration que la victime avait voulu obtenir de son mari. Après une longue discussion, le mari a remis à sa femme une somme de 500 francs congolais que la femme a refusé, un acte que le mari n’a pas supporté. Il a battu sa femme et lorsqu’il voulait prendre la machette pour la couper, les voisins sont venus au secours. La femme est rentrée chez ses parents et le mari a déjà épousé une autre femme.

Le 16 juillet 2020, à Ngankwa/ Ludaha, territoire de Kabare, M’BUHINGE Hernida a été dépouillé de 100 kilogramme de haricots par son mari. Ce dernier est parti acheté, avec l’argent provenant de la vente de ces haricots, de la boisson fortement alcoolisé. Revenu à la maison ivre, il s’est mis à tabasser sa femme lorsqu’elle lui a reproché le fait.

A Mango dans le village de Bonobono, Olivier MIRINDI, père de 4 ans enfants bat chaque jour son épouse lorsqu’il a consommé une boisson fortement alcoolisée. Ce 20 juillet, il a dérobé 10 000 francs congolais à sa femme pour aller achetér cette boisson et pourtant c’est le capital de sa femme. Revenant de la buvette, ivre, le mari s’est mis à donner des coups de pieds et poings à sa femme accompagnée des injures et calomnies.

Après 23 ans de mariage, Monsieur LUKORO Richard, âgée de 50 ans, habitant Cinjoma, groupement de Mudaka, fait déguerpir sa femme et ses enfants ce 23 juillet 2020 par ce que la femme lui rappelait ses devoirs envers sa famille. Ainsi le mari, ayant déjà une autre épouse à Goma, décidé de vendre la parcelle disant que c’est le fruit de sa sueur.

A Kavumu, le mercredi 15 juillet, un garçon de 21 ans drogue sa grand-mère et se met à la frapper. Pour cause, le jeune garçon a appris que son grand frère malade a confié à sa grand-mère un montant de 80 mille francs congolais pour qu’elle le garde pour lui. Voulant prendre cet argent par force, il a utilisé la drogue (valium) et les coups pour parvenir à sa fin.

Pouvoir économique

Anne Marie, habitant le quartier CIPUNDA, sur l’Av Kakobe, vendeuse des beignets à proximité d’une école, que ses principaux clients sont les élevés pendant la période des cours où elle peut même utiliser 25Kg de farine par jour mais depuis que l’Etat Congolais  a suspendu les activités scolaires, elle arrive à peine à écouler 5kg de farine par jour  et cela diminue sensiblement son pouvoir d’achat. Veuve et mère de trois enfants, elle accuse déjà une dette de loyer de deux mois.

M’CISHAMARHA, âgée de 47 ans et mère de 7 enfants, habitant HIHANDA dans le village de Ludaha, a, pendant la période de restrictions du trafic entre les territoires et le chef-lieu de la province, remis ses trois sacs de braise qu’elle vendait à un chauffeur de camion pour les remettre à ses clientes de Bukavu et lui ramener l’argent mais le chauffeur n’est jamais revenu et ses clientes n’ont jamais reçu les sacs de braises. Ce 19 juillet, elle affirme ne plus être en mesure de relancer son petit commerce par ce que les trois sacs étaient son capital et utilisait uniquement le bénéfice pour subvenir au besoin de sa famille.

A CIBINGU CENTRE, territoire de Kabare, une autre vendeuse de braise a été agressée en date du 25 juillet 2020 à la barrière de Biranga à Mulume Munene quand elle revenait de Ninja. Elle a été dépouillée de toute sa marchandise et de son argent. Elle dit que les personnes qui l’ont intimidé avec des armes et étaient au nombre de cinq.

M’Kinzo Faida, mère de 9 enfants vit de ses cultures maraichères. Alors qu’elle se préparait pour la récolte, ce 21 juillet, elle a été victime du vol de presque toute sa culture par des inconnus et raconte que dans le village de Mbonobono, cette pratique appauvrit les cultivateurs en général et les femmes en particulier qui se sacrifient pour cultiver leurs champs.

Au vu de ce qui précède, et afin d’alerter l’opinion ainsi que les autorités compétentes sur les différents cas de violences basées sur le genre que vivent les femmes et les filles en cette période, et ainsi sauvegarder la cohésion sociale et éviter des conséquences néfastes de ces violences dans les communautés de Bukavu et de Kabare, UWEZO AFRIKA INITIATIVE recommande :

  • Aux gouvernements national et provincial :
  • Prendre en compte les besoins sexo-spécifiques des filles et femmes dans toutes les décisions, politiques et mesures prises pendant cette période en s’assurant que les droits des femmes et des jeunes filles ne sont pas laissés pour compte.
  • Créer de l’emploi afin que les parents subviennent aux besoins de leurs enfants et leurs familles.
  • Créer des centres de formation afin d’occuper les jeunes qui s’adonnent aux boissons fortement alcoolisées
  • De supprimer les barrières où les citoyennes et citoyens sont tracassé(e)s
  • Aux autorités politico-administratives des 3 communes de Bukavu et du territoire de Kabare
  • Prendre des mesures d’urgence qui allègent les conséquences économiques de la fermeture des frontières Rwanda-RDC et Burundi-RDC ainsi que de la hausse du taux de change sur le panier de la ménagère
  • Se réunir et organiser les patrouilles pour éviter le vol des récoltes dans les champs
  • Aux autorités judiciaires :
  • Sanctionner les commanditaires des actes de violences basées sur le genre
  • De ne pas cautionner les arrangements à l’amiables de l’infraction de viol afin de décourager les présumés bourreaux
  • Aux organisations de la société civile et aux médias :
  • De sensibiliser davantage la population sur les droits humains et exiger leur respect
  • De dénoncer les violations des droits humains et les violences basées sur le genre en particulier
  • Accompagner les victimes des violences vers les institutions judiciaires
  • De sensibiliser la population à adhérer aux mutuelles de santé afin d’éviter les difficultés d’honorer les factures des soins médicaux et de faciliter l’accès de la population aux soins médicaux
  • Aux médias, d’organiser des émissions radio, télédiffusées et publier des articles abordant des questions liées aux violences basées sur le genre
  • Aux parents :
  • Encadrer les enfants pour qu’ils/elles suivent les enseignements à distance en attendant la reprise normale des cours.
  • Réduire sensiblement les travaux ménagers pour les filles et/ou les répartir équitablement entre les filles et les garçons afin de permettre un accès égal de tous les enfants à l’éducation
  • Respecter les droits des enfants et ceux des femmes en toute dignité.
  • D’organiser des jeux, des activités créatives et récréatives afin d’occuper les enfants pour éviter leur vagabondage
  • Aux organisations de micro-crédit
  • De réduire, dans la mesure du possible, la période et le taux de remboursement pour les femmes ayant déjà contracté des crédits dans leurs institutions.

ByIsaac Musharamina

Sud-Kivu : Des femmes et filles, les principales victimes des effets du Coronavirus (enquête de Uwezo Afrika)

L’Association Uwezo Afrika Initiative vient de mettre à portée de différentes couches sociales du Sud-Kivu, les résultats de l’étude menée sur l’impact de la pandémie liée au Coronavirus sur les droits des femmes et l’équité du genre. Cette présentation s’est tenue ce jeudi 13 Août 2020 à Bukavu, afin de dénoncer la hausse des violences basées sur le genre pendant cette période de Covid 19 et appeler toutes les parties prenantes à tenir compte des réalités des femmes et des filles dans leurs interventions.

D’après cette étude menée dans les trois communes de Bukavu et dans le territoire de Kabare auprès de 489 personnes dont 240 femmes et 249 hommes, il ressort que les filles et les femmes sont les principales victimes des normes sociales qui accentuent les inégalités du genre.

A en croire Madame Douce Namwezi, Coordonnatrice de Uwezo Afrika Initiative, cette étude a été faite partant du constat selon lequel, depuis le début de la pandémie de Coronavirus en province du Sud-Kivu, il y a eu l’augmentation des violences basées sur les genres.

« Nous avons documenté cette situation pour essayer de voir de quelle façon cette pandémie est en train d’affecter différemment les hommes et les femmes. Nous avons constaté que du côté des femmes et des jeunes filles, il y avait des violences basées sur le genre, soit la prostitution, le viol, le harcèlement sexuel et même les violences physiques en milieu familial », révèle Douce Namwezi.

Les résultats de cette étude menée par Uwezo Afrika Initiative montrent que, sur les 100% des opinions des personnes enquêtées, 62% estiment que les femmes et les filles sont les plus touchées, 6% disent que ce sont des hommes, 10% pensent que ce sont des personnes de troisième âge contre 17% qui affirment que c’est toutes les couches qui sont affectées pendant que 3% des personnes enquêtées disent que ce sont les enfants et d’autres catégories.

Pour faire face à cette pratique, Uwezo Afrika recommande dans ce rapport, la véritable sensibilisation des populations sur l’équité et la justice sociale ; de rendre disponible les matériels de protection contre le Coronavirus aux plus vulnérables surtout aux femmes ; la mise sur pied des cadres de soutien aux femmes et filles victimes des violences basées sur le genre, etc.

Signalons que cette activité a connu la présence des organisations qui militent pour les droits humains et surtout des femmes, les autorités provinciales qui ont dans leurs attributions la question du genre, de la famille et de l’enfant ainsi que différents leaders communautaires.

Elie Bigaba, JRI

 

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Sud-Kivu: explosion des violences contre les femmes et les filles pendant le confinement (etude Uwezo Afrika)

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