Monthly Archive octobre 2020

ByIsaac Musharamina

Étude sur l’impact de la Covid-19 sur l’équité du genre au Sud-Kivu(Uwezo Afrika- DDC)

En date du 24 mars 2020, 10 jours après la détection du premier cas de covid-19 en RDC, l’état
d’urgence sanitaire est décrété par le président de la République suivi des plusieurs mesures pour
endiguer la propagation de la maladie. Le 29 mars, deux premiers cas sont enregistré à Bukavu dans
le Sud-Kivu. Suite à la propagation rapide la pandémie, l’état d’urgence prévu pour 14 jours s’est vu
rallongé avec des durées de 14 jours chaque fois. Sur le plan social, il est observé une explosion
des cas de violences domestiques sur les femmes et filles pendant le confinement, ces dernières
étant obligées de rester enfermées toute la journée avec leurs « agresseurs ». Par la fermeture
des commerces, des institutions, des écoles, églises et bars, par l’instauration de l’état d’urgence
et la fermeture des frontières avec le Rwanda et le Burundi, les femmes qui sont des pourvoyeurs
économiques des ménages, se retrouvent dans une situation de profonde précarité. Elles sont du
coup exposées aux différentes formes de violences dont les violences domestiques, physiques,
psychologiques et économiques. Alors que les abus contre ces droits sont commis tant sur les
hommes que sur les femmes, ce sont, en réalité, plus les femmes et filles qui en sont victimes, au vue
des rôles traditionnels qu’elles sont appelées à jouer dans les ménages différemment des hommes,
mettant à nu les inégalités toujours persistantes entre les hommes et les femmes dans la communauté
(les tâches domestiques et familiales incombent toujours en grande partie aux femmes et filles), ce
qui accentue ainsi la vulnérabilité des femmes et filles pendant cette période de la pandémie du
coronavirus19.

Pour accéder au contenu du rapport, cliquer sur le lien ci-dessous

Etude sur l’impact de la COVID19 sur l’équité du genre au Sud Kivu_UWEZO_DDC__Aout 2020

ByThèrese

Sud-Kivu/JIFR 2020 :«Nous devons reconnaître les efforts des femmes rurales »Douce Namwezi

Depuis plusieurs années, des femmes rurales font des kilomètres à pieds pour approvisionner des villes en légumineuses et autres aliments. Ceci prouve leur engagement dans le développement de leurs pays. Occasion pour madame Douce Namwezi, coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative, d’appeler la communauté à reconnaître et soutenir la lutte des femmes rurales pour le bien de la société. Ceci en marge de la journée internationale de la Femme rurale célébrée ce Jeudi 15 Octobre 2020.

A en croire, madame Douce Namwezi, les femmes rurales jouent un rôle important dans le développement de tout pays. Ceci grâce à leur implication dans différents secteurs de la vie.

Ainsi, elle invite la communauté à reconnaître les efforts des femmes rurales et soutenir ces dernières en vue d’obtenir le respect des droits de cette catégorie de la population.

« Les femmes rurales font face à beaucoup des défis liés à l’accès aux services de santé , à l’accès à l’eau potable, à l’accès à plusieurs de leurs droits. Mais grâce à cette journée, c’est un moment de réflexion pour reconnaître tout les efforts que ces femmes sont entrain de fournir au jour le jour et aussi la lutte qu’elles sont entrain de faire pour que leurs droits aussi soient respectés »

La coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative plaide également pour l’accompagnement des femmes rurales après des perturbations de leurs activités par la pandémie de la maladie à corona virus ces derniers temps.

Notons que la journée internationale des femmes rurales est l’occasion de célébrer le rôle décisif joué par celles-ci en matière de sécurité alimentaire et de nutrition mais aussi de sensibiliser la communauté internationale afin que cette dernière continue à investir dans le rôle de chef de file des femmes et à aider leurs réseaux structurés ou informels à contribuer à la lutte contre la covid-19.

Avec kivu5.net

ByIsaac Musharamina

En RDC, des femmes adeptes des serviettes hygiéniques lavables

Dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), près de 60 % des femmes utiliseraient des morceaux de pagne comme protection hygiénique. Une pratique qui n’est pas sans risques pour la santé. Quant aux serviettes jetables, des études ont démontré leur potentielle dangerosité. Pour pallier le problème, l’association Uwezo Afrika Initiative produit depuis 2018 des serviettes lavables, faites de tissu en coton.

Selon une étude menée en 2018 par l’Unicef, « une fille sur deux (…) utilise habituellement une pièce déchirée d’un vêtement »1 en guise de protection hygiénique, dans les provinces de Kinshasa, du Haut-Katanga et du Nord-Kivu, en RDC.

Une pratique que l’on retrouverait aussi dans la province du Sud-Kivu. « Il est difficile pour certaines personnes de se trouver chaque mois des serviettes jetables, qui valent un à deux dollars américains », explique Douce Namwezi, fondatrice d’Uwezo Afrika Initiative, une organisation basée à Bukavu et intervenant dans le domaine de la santé sexuelle (lire encadré).

Risques d’infection

Mais pour le docteur Patrick Murhula, gynécologue-obstétricien à Bukavu, utiliser des morceaux de pagne peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des femmes : « Le grand problème, c’est surtout la perturbation de la flore vaginale quand on utilise ce genre de serviettes, de tissus. Ils deviennent vraiment irritables au niveau du vagin. Et cette perturbation de la flore vaginale peut entraîner beaucoup d’infections vaginales et urinaires. Cela peut aller jusqu’à des infections génitales hautes, des problèmes de stérilité, voire des cancers ».

Avoir recours à des serviettes hygiéniques jetables n’est pas non plus sans danger pour la santé et sans conséquences pour l’environnement. « Après avoir suivi un documentaire sur l’impact des protections hygiéniques sur la santé des femmes et des filles, nous avons été interpellées, se souvient Mme Namwezi. Nous ne savions pas que les serviettes jetables contenaient des produits chimiques qui peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé sexuelle et reproductive de la femme ». En effet, selon des études, certaines protections contiendraient des résidus toxiques (traces de dioxine, furane, etc.) 2.

Et d’ajouter : « La gestion des déchets dans notre ville est médiocre. Plusieurs serviettes déjà utilisées se retrouvent dans la rue lors du ramassage des déchets. D’autres sont jetées dans le lac », regrette-t-elle.

Ce sont toutes ces raisons économiques, sanitaires, mais aussi environnementales qui ont poussé l’association Uwezo Afrika Initiative à fabriquer des serviettes hygiéniques lavables et donc réutilisables (lire encadré).

Patrick Kahondwa

MAISHA PAD : « CE N’EST PAS SORCIER A UTILISER »

« Les tissus sont cent pour cent en coton pour éviter les allergies, explique Douce Namewezi, la directrice d’Uwezo Afrika Initiative. Nous mettons une étoffe légère en coton sur la partie sensible, qui est directement en contact avec le corps. Au milieu, nous avons des absorbants. Et en dessous, nous mettons des flanelles imperméables pour empêcher le passage du sang ».

Et les serviettes lavables, appelées couramment « Maisha Pad », sont simples à utiliser. « Il suffit juste de porter une culotte ou un caleçon et de placer la serviette au milieu. Il y a deux petits boutons qu’il faut tourner pour l’agrafer et éviter qu’elle ne bouge. Cela va permettre de faire tout mouvement. Dès que la serviette est pleine, il faut ouvrir les deux petits boutons, la laver à l’eau et au savon et la sécher à l’air libre, dans un endroit frais. Une fois sèche, elle doit être repassée avant d’être utilisée de nouveau ». Un paquet contient quatre serviettes hygiéniques et coûte cinq dollars américains. « Avec une petite somme, les femmes peuvent s’acheter des linges réutilisables qui vont servir pendant un à deux ans », conclut-elle.

UNE ALTERNATIVE QUI SEDUIT DE PLUS EN PLUS DE CONGOLAISES

« Je ne dépense plus comme avant »

Linda Mugoli, 25 ans, utilise des serviettes lavables depuis déjà un an. Elle n’y trouve que des avantages : « Avant, j’utilisais au moins cinq paquets par mois quand j’avais mes règles et cela me coûtait dix mille francs chaque mois. Il m’arrivait parfois de ne pas avoir d’argent et mes serviettes s’épuisaient. J’avais vraiment des difficultés à m’en procurer. Depuis que j’ai commencé à utiliser les serviettes réutilisables, je ne dépense plus comme avant. En plus, je n’ai plus d’infections et de maladies ».

« C’est très hygiénique »

« Avant, j’avais des problèmes de frottement, de transpiration et, par moments, des blessures aux cuisses. Et chaque mois, je dépensais au moins trois dollars pour mes serviettes et celles de ma fille. Depuis huit mois déjà, j’utilise ces serviettes lavables. C’est très hygiénique », précise Gisèle Nabintu.

 

A QUAND DES SERVIETTES GRATUITES ?

L’association Uwezo Afrika Initiative produit deux cents serviettes hygiéniques, chaque semaine. La quantité double ou triple lors des commandes faites par différentes organisations qui travaillent dans l’humanitaire. « Depuis un an, certaines organisations non gouvernementales prennent en compte ce besoin sexo-spécifique des femmes et font des distributions aux utilisatrices. Raison pour laquelle nous pouvons arriver à mille par semaine », explique Douce Namwezi.

En effet, le prix d’un paquet reste encore cher pour certaines femmes. « Mon rêve est de rendre gratuit tout ce qui a trait aux règles. Mais les moyens ne le permettent pas encore », regrette-t-elle. Les règles sont naturelles. Elles ne doivent impliquer aucune dépense. La santé sexuelle et reproductive passe avant tout.

Mme Namwezi souhaite ainsi que le gouvernement congolais investisse dans ce projet pour permettre aux élèves et à toutes les femmes de bénéficier de ces serviettes gratuitement.

D’autant que le manque de fiabilité des morceaux en pagne et les toilettes parfois insalubres dans les établissements scolaires poussent toujours certaines jeunes filles à rester à la maison lorsqu’elles ont leurs règles. Et elles manquent, ainsi, régulièrement l’école.

UWEZO AFRIKA INITIATIVE

L’association Uwezo Afrika Initiative a été fondée en 2018, à Bukavu, par Douce Namwezi, journaliste. « J’ai beaucoup échangé avec les femmes et les filles lorsque j’étais sur le terrain, et j’ai réalisé à quel point la santé sexuelle et reproductive restait un sujet tabou. En parler à travers les médias n’était pas suffisant. J’ai donc décidé de créer cette association pour aller plus loin », explique la fondatrice.

L’équipe a commencé par des sensibilisations et des échanges avec des élèves dans des communautés marginalisées afin de lever tous les mythes, notamment autour de la menstruation.

L’association souhaite aussi initier les jeunes et les femmes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication pour leur permettre d’en faire un meilleur usage. Et elle compte aussi développer des activités génératrices de revenus et des partenariats afin d’assurer sa pérennité financière et mener des actions dans d’autres provinces de la RDC.

AVEC RFI

https://www.rfi.fr/fr/m%C3%A9dias-partenaires/20201001-rdc-femmes-adeptes-serviettes-hygi%C3%A9niques-lavables?ref=wa