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ByThèrese

RDC : Douce Namwezi, la seule congolaise parmi les 100 femmes influentes du monde plébiscitées par BBC pour 2020.

La BBC a dévoilé sa liste de 100 femmes inspirantes et influentes du monde entier pour 2020. Cette année, 100 femmes mettent en lumière ceux qui mènent le changement et font la différence en ces temps de turbulence.

La liste de la BBC comprend Sanna Marin, qui dirige le gouvernement de coalition entièrement féminin de la Finlande, Michelle Yeoh, star des nouveaux films Avatar et Marvel et Sarah Gilbert, qui dirige la recherche de l’Université d’Oxford sur un vaccin contre le coronavirus, ainsi que Jane Fonda, une militante pour le climat et actrice.

Douce Namwezi N’Ibamba est la seule femme de la République Démocratique du Congo sur cette liste de 100 femmes influentes au monde.

Douce Namwezi N’Ibamba est journaliste multimédia et fondatrice de Uwezo Afrika Initiative, une entreprise à but non lucratif promouvant l’autonomisation des femmes par le journalisme, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat social. Elle combat les tabous autour des menstruations en mettant à la disposition des étudiantes et des femmes en République démocratique du Congo des kits d’éducation sexuelle et d’hygiène.

Qu’est-ce que 100 femmes de la chaîne britannique BBC?

BBC 100 femmes nomme chaque année 100 femmes influentes et inspirantes à travers le monde.

« Nous créons des documentaires, des longs métrages et des interviews sur leur vie, donnant plus d’espace pour les histoires qui mettent les femmes au centre », peut-on lire sur le site de la BBC.

Comment les 100 femmes ont-elles été choisies?

L’équipe des 100 femmes de la BBC a dressé une liste restreinte basée sur les noms recueillis par eux et suggérés par le réseau des équipes linguistiques du Service mondial de la BBC.

« Nous recherchions des candidats qui avaient fait la une des journaux ou influencé des histoires importantes au cours des 12 derniers mois, ainsi que ceux qui ont des histoires inspirantes à raconter, qui ont réalisé quelque chose d’important ou qui ont influencé leur société d’une manière qui ne ferait pas nécessairement l’actualité. Le pool de noms a ensuite été évalué par rapport au thème de cette année – les femmes qui ont conduit le changement – et mesuré pour la représentation régionale et l’impartialité due, avant que les noms définitifs ne soient choisis », fait savoir BBC 100 femmes influentes.

Qui est Douce Namwezi N’Ibamba?

Née à Bukavu au Sud Kivu le 11 février 1989 et de nationalité congolaise, Douce Namwezi est issue d’une famille des parents infirmiers. Elève des pères jésuites du Collège Alfajiri, parlementaire au sein du Carrefour des enfants du Congo, licenciée en relations internationales de l’Université Officielle de Bukavu, journaliste à Mama Radio de lAssociation des femmes des médias, activiste et défenseure de l’égalité du genre et épouse d’un avocat.

Ce parcours forge le destin de l’initiatrice et directrice d’Uwezo Afrika Initiative. Elle brise les tabous autour de la santé menstruelle et accompagne les jeunes élèves. Touchée par la situation sanitaire des femmes, Douce Namwezi abandonne le micro et la direction de Mama Radio en 2018. Elle effectue un saut dans l’inconnu et crée   Uwezo Afrika Initiative pour apporter d’abord une réponse concrète à l’hygiène menstruelle. Cette association fabrique des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables, vendues à un prix très abordable voire distribuées gratis aux personnes vulnérables.

Uwezo Afrika Initiative mène une enquête sur l’hygiène menstruelle qui reste un tabou dans les familles. Seulement 3 % des parents ont le temps d’échanger avec leurs enfants sur les questions de santé sexuelle. 89% des filles sont informées sur la gestion de l’hygiène menstruelle par des amies ou des condisciples de classe. 60% des filles ratent des cours parce que surprises par les menstrues à l’école.

Douce Namwezi crée des clubs Maisha dans les écoles de trois communes de la ville de Bukavu. Des échanges sont tenus régulièrement sur la gestion du cycle menstruel et l’utilisation des serviettes hygiéniques dans le but de briser le tabou autour de la menstruation. Les jeunes filles élèves reçoivent chacune un paquet des serviettes hygiénique de la marque Maisha Pad fabriqué par Uwezo Afrika Initiative.

Douce  Namwezi N’Ibamba combine les identités de sa mère Claudine Namwezi et son père Lambert NIbamba. Le nom étant un présage, les blouses blanches de ces deux infirmiers lui inspirent l’hygiène. Les pères jésuites lui inculquent qu’elle compte dans la société.

Le Carrefour des enfants du Congo (Careco) lui apprend les joutes parlementaires. L’Université Officielle de Bukavu (Uob) lui enseigne l’analyse des contextes. Mama Radio lui donne le micro.

Elle a dirigé l’Association des Femmes des Médias « AFEM ». La  cerise sur le gâteau, elle épouse Me Placide Nyenyezi Ntole, un avocat près la cour d’appel de Bukavu.

Douce Namwezi n’est pas encore celle qu’elle doit être dans et pour la société. Elle rêve d’avantage pour la promotion des droits des femmes et l’accès des dames aux soins de la santé de la reproduction.

Avec Libre Grand Lac

 

ByThèrese

Feuillet Bimensuel Maisha 4: 17 cas des Violences Basées sur le Genre à Bukavu ainsi que dans le territoire de KABARE

Des cas de violences sexuelles dont le viol sur mineures et les grossesses précoces et non désirées continuent à être quotidiennement répertoriés dans la ville de Bukavu ainsi que le territoire de kabare. La fermeture des écoles, la fermeture des frontières Rwanda-RDC (les conditions actuelles pour traverser n’étant pas adaptées à toutes les bourses) et la conjoncture économique, ont des répercussions néfastes sur les droits des femmes et des jeunes filles. Du 16 Aout au 31 Aout 2020), Uwezo Afrika Initiative a répertorié 17 cas des Violences Basées sur le Genre à Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de KABARE (Groupements de Mudaka et Ludaha) et dont voici la synthèse dans ce quatrième feuillet.

Pour plus des détails, cliquer sur le lien ci-dessous.

feuillet bimensuel sur les Violences Basées sur le Genre,numero 4 (1)

ByThèrese

Feuillet Bimensuel Maisha 5: 23 cas de violences basées sur le genre répertoriés à Bukavu et à Kabare(axe Mudaka et Ludaha)

23 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de la ville de Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que dans le territoire de Kabaare (l’axe Mudaka et l’axe Ludaha (Du 1er au 15 Septembre 2020)
Grâce au monitoring réalisé quotidiennement depuis le début du mois de juillet, 23 cas des Violence Basées sur le genre ont été répertoriés dans les différents milieux concernés durant la premiere moitié de ce mois de Septembre. La plupart de ces cas sont relatifs aux violence s sexuelles dont les grossesses précoces, les mariages forcés des filles mineurs et des violences domestiques à l’encontre des filles et femmes. Les femmes exerçant le petit commerce sont particulièrement affectées économiquement par la fermeture des frontières entre le Rwanda et la RDC, les tracasseries policières et la hausse du taux de change entre les dollars américains et les Francs congolais ainsi que des besoins sexo-spécifiques des femmes liés à la maternité.

Pour aller plus loin, cliquer sur le lien ci-dessous

Feuillet bimensuel sur les violences basées sur le genre N°5

ByThèrese

Sud-Kivu/JIFR 2020 :«Nous devons reconnaître les efforts des femmes rurales »Douce Namwezi

Depuis plusieurs années, des femmes rurales font des kilomètres à pieds pour approvisionner des villes en légumineuses et autres aliments. Ceci prouve leur engagement dans le développement de leurs pays. Occasion pour madame Douce Namwezi, coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative, d’appeler la communauté à reconnaître et soutenir la lutte des femmes rurales pour le bien de la société. Ceci en marge de la journée internationale de la Femme rurale célébrée ce Jeudi 15 Octobre 2020.

A en croire, madame Douce Namwezi, les femmes rurales jouent un rôle important dans le développement de tout pays. Ceci grâce à leur implication dans différents secteurs de la vie.

Ainsi, elle invite la communauté à reconnaître les efforts des femmes rurales et soutenir ces dernières en vue d’obtenir le respect des droits de cette catégorie de la population.

« Les femmes rurales font face à beaucoup des défis liés à l’accès aux services de santé , à l’accès à l’eau potable, à l’accès à plusieurs de leurs droits. Mais grâce à cette journée, c’est un moment de réflexion pour reconnaître tout les efforts que ces femmes sont entrain de fournir au jour le jour et aussi la lutte qu’elles sont entrain de faire pour que leurs droits aussi soient respectés »

La coordinatrice de l’organisation Uwezo Afrika initiative plaide également pour l’accompagnement des femmes rurales après des perturbations de leurs activités par la pandémie de la maladie à corona virus ces derniers temps.

Notons que la journée internationale des femmes rurales est l’occasion de célébrer le rôle décisif joué par celles-ci en matière de sécurité alimentaire et de nutrition mais aussi de sensibiliser la communauté internationale afin que cette dernière continue à investir dans le rôle de chef de file des femmes et à aider leurs réseaux structurés ou informels à contribuer à la lutte contre la covid-19.

Avec kivu5.net

ByIsaac Musharamina

En RDC, des femmes adeptes des serviettes hygiéniques lavables

Dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), près de 60 % des femmes utiliseraient des morceaux de pagne comme protection hygiénique. Une pratique qui n’est pas sans risques pour la santé. Quant aux serviettes jetables, des études ont démontré leur potentielle dangerosité. Pour pallier le problème, l’association Uwezo Afrika Initiative produit depuis 2018 des serviettes lavables, faites de tissu en coton.

Selon une étude menée en 2018 par l’Unicef, « une fille sur deux (…) utilise habituellement une pièce déchirée d’un vêtement »1 en guise de protection hygiénique, dans les provinces de Kinshasa, du Haut-Katanga et du Nord-Kivu, en RDC.

Une pratique que l’on retrouverait aussi dans la province du Sud-Kivu. « Il est difficile pour certaines personnes de se trouver chaque mois des serviettes jetables, qui valent un à deux dollars américains », explique Douce Namwezi, fondatrice d’Uwezo Afrika Initiative, une organisation basée à Bukavu et intervenant dans le domaine de la santé sexuelle (lire encadré).

Risques d’infection

Mais pour le docteur Patrick Murhula, gynécologue-obstétricien à Bukavu, utiliser des morceaux de pagne peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des femmes : « Le grand problème, c’est surtout la perturbation de la flore vaginale quand on utilise ce genre de serviettes, de tissus. Ils deviennent vraiment irritables au niveau du vagin. Et cette perturbation de la flore vaginale peut entraîner beaucoup d’infections vaginales et urinaires. Cela peut aller jusqu’à des infections génitales hautes, des problèmes de stérilité, voire des cancers ».

Avoir recours à des serviettes hygiéniques jetables n’est pas non plus sans danger pour la santé et sans conséquences pour l’environnement. « Après avoir suivi un documentaire sur l’impact des protections hygiéniques sur la santé des femmes et des filles, nous avons été interpellées, se souvient Mme Namwezi. Nous ne savions pas que les serviettes jetables contenaient des produits chimiques qui peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé sexuelle et reproductive de la femme ». En effet, selon des études, certaines protections contiendraient des résidus toxiques (traces de dioxine, furane, etc.) 2.

Et d’ajouter : « La gestion des déchets dans notre ville est médiocre. Plusieurs serviettes déjà utilisées se retrouvent dans la rue lors du ramassage des déchets. D’autres sont jetées dans le lac », regrette-t-elle.

Ce sont toutes ces raisons économiques, sanitaires, mais aussi environnementales qui ont poussé l’association Uwezo Afrika Initiative à fabriquer des serviettes hygiéniques lavables et donc réutilisables (lire encadré).

Patrick Kahondwa

MAISHA PAD : « CE N’EST PAS SORCIER A UTILISER »

« Les tissus sont cent pour cent en coton pour éviter les allergies, explique Douce Namewezi, la directrice d’Uwezo Afrika Initiative. Nous mettons une étoffe légère en coton sur la partie sensible, qui est directement en contact avec le corps. Au milieu, nous avons des absorbants. Et en dessous, nous mettons des flanelles imperméables pour empêcher le passage du sang ».

Et les serviettes lavables, appelées couramment « Maisha Pad », sont simples à utiliser. « Il suffit juste de porter une culotte ou un caleçon et de placer la serviette au milieu. Il y a deux petits boutons qu’il faut tourner pour l’agrafer et éviter qu’elle ne bouge. Cela va permettre de faire tout mouvement. Dès que la serviette est pleine, il faut ouvrir les deux petits boutons, la laver à l’eau et au savon et la sécher à l’air libre, dans un endroit frais. Une fois sèche, elle doit être repassée avant d’être utilisée de nouveau ». Un paquet contient quatre serviettes hygiéniques et coûte cinq dollars américains. « Avec une petite somme, les femmes peuvent s’acheter des linges réutilisables qui vont servir pendant un à deux ans », conclut-elle.

UNE ALTERNATIVE QUI SEDUIT DE PLUS EN PLUS DE CONGOLAISES

« Je ne dépense plus comme avant »

Linda Mugoli, 25 ans, utilise des serviettes lavables depuis déjà un an. Elle n’y trouve que des avantages : « Avant, j’utilisais au moins cinq paquets par mois quand j’avais mes règles et cela me coûtait dix mille francs chaque mois. Il m’arrivait parfois de ne pas avoir d’argent et mes serviettes s’épuisaient. J’avais vraiment des difficultés à m’en procurer. Depuis que j’ai commencé à utiliser les serviettes réutilisables, je ne dépense plus comme avant. En plus, je n’ai plus d’infections et de maladies ».

« C’est très hygiénique »

« Avant, j’avais des problèmes de frottement, de transpiration et, par moments, des blessures aux cuisses. Et chaque mois, je dépensais au moins trois dollars pour mes serviettes et celles de ma fille. Depuis huit mois déjà, j’utilise ces serviettes lavables. C’est très hygiénique », précise Gisèle Nabintu.

 

A QUAND DES SERVIETTES GRATUITES ?

L’association Uwezo Afrika Initiative produit deux cents serviettes hygiéniques, chaque semaine. La quantité double ou triple lors des commandes faites par différentes organisations qui travaillent dans l’humanitaire. « Depuis un an, certaines organisations non gouvernementales prennent en compte ce besoin sexo-spécifique des femmes et font des distributions aux utilisatrices. Raison pour laquelle nous pouvons arriver à mille par semaine », explique Douce Namwezi.

En effet, le prix d’un paquet reste encore cher pour certaines femmes. « Mon rêve est de rendre gratuit tout ce qui a trait aux règles. Mais les moyens ne le permettent pas encore », regrette-t-elle. Les règles sont naturelles. Elles ne doivent impliquer aucune dépense. La santé sexuelle et reproductive passe avant tout.

Mme Namwezi souhaite ainsi que le gouvernement congolais investisse dans ce projet pour permettre aux élèves et à toutes les femmes de bénéficier de ces serviettes gratuitement.

D’autant que le manque de fiabilité des morceaux en pagne et les toilettes parfois insalubres dans les établissements scolaires poussent toujours certaines jeunes filles à rester à la maison lorsqu’elles ont leurs règles. Et elles manquent, ainsi, régulièrement l’école.

UWEZO AFRIKA INITIATIVE

L’association Uwezo Afrika Initiative a été fondée en 2018, à Bukavu, par Douce Namwezi, journaliste. « J’ai beaucoup échangé avec les femmes et les filles lorsque j’étais sur le terrain, et j’ai réalisé à quel point la santé sexuelle et reproductive restait un sujet tabou. En parler à travers les médias n’était pas suffisant. J’ai donc décidé de créer cette association pour aller plus loin », explique la fondatrice.

L’équipe a commencé par des sensibilisations et des échanges avec des élèves dans des communautés marginalisées afin de lever tous les mythes, notamment autour de la menstruation.

L’association souhaite aussi initier les jeunes et les femmes aux nouvelles technologies de l’information et de la communication pour leur permettre d’en faire un meilleur usage. Et elle compte aussi développer des activités génératrices de revenus et des partenariats afin d’assurer sa pérennité financière et mener des actions dans d’autres provinces de la RDC.

AVEC RFI

https://www.rfi.fr/fr/m%C3%A9dias-partenaires/20201001-rdc-femmes-adeptes-serviettes-hygi%C3%A9niques-lavables?ref=wa

ByIsaac Musharamina

Bimensuel Maisha: 22 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de Bukavu et à KABARE

Grâce aux activités de monitoring réalisées quotidiennement depuis le début du mois de juillet, 22 cas des violences basées sur le genre ont été répertoriés dans les différents milieux concernés. Ces cas sont relatifs au faible accès aux cours dispensés en ligne pour les élèves en général et les élèves filles en particulier, souvent occupées par les travaux ménagers et sans surveillance des parents aux heures des cours. Egalement des cas de violences sexuelles et des violences domestiques à l’encontre des filles et femmes ont été signalés. Les femmes exerçant le petit commerce sont  particulièrement affectées économiquement par la fermeture des frontières entre le Rwanda et la RDC, les tracasseries policières et la hausse dutaux de change. 

22 cas de violences basées sur le genre répertoriés dans les trois communes de la ville de
Bukavu (Ibanda, Kadutu, et Bagira) ainsi que le territoire de KABARE (l’axe MUDAKA et l’axe
LUDAHA (Du 01 au 15 Juillet 2020)

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ByThèrese

Des serviettes hygiéniques lavables, œuvre de Namwezi, une jeune de Bukavu

Une jeune femme entrepreneure de Bukavu a eu l’idée de sensibiliser les jeunes filles et les femmes à utiliser des serviettes hygiéniques lavables. J’ai visité son bureau et vu comment les couturières fabriquent ces serviettes. Cela m’a beaucoup intéressée.

A travers ce reportage-photos, je voudrais montrer au monde comment une femme congolaise essaie de faciliter la vie à ses compatriotes qui utilisaient des serviettes importées de Chine. Parfois qui se débrouillaient avec des chiffons pour cacher leurs règles, mettant en danger leur santé.

En RDC, parler de l’hygiène menstruelle chez les femmes demeure un sujet tabou. Les croyances culturelles accentuent l’image honteuse des règles. L’association Uwezo Afrika Initiative invite la communauté et les parents à parler couramment des questions menstruelles à leurs filles. Cela permet de briser le silence et de démystifier cette question. Il arrive que certaines filles scolarisées loupent l’école par manque de serviettes hygiéniques. Certaines s’isolent même durant cette période de menstruation pour éviter le regard des autres.

Maisha Pad est la marque de serviettes hygiéniques lavables que produit Uwezo Afrika chapeautée par Douce Namwezi, une Congolaise vivant à Bukavu. D’après cette entrepreneure, « ces serviettes hygiéniques sont différentes des autres, car elles sont conçues dans le respect des principes sanitaires et procurent un confort ». Elles ne contiennent aucun produit chimique et peuvent être utilisés plusieurs fois après lavage.

Ces serviettes lavables ont été conçues dans le but de permettre aux femmes de trouver une solution alternative aux serviettes hygiéniques jetables importées de Chine qui coûtent plus cher et qui polluent l’environnement. Nombreuses sont les femmes qui m’ont fait part de leur satisfaction après avoir utilisé les serviettes hygiéniques de Uwezo Afrika.

Par Esther NSAPU/ HabariRDC

ByIsaac Musharamina

Lauréate du prix « jeune femme journaliste » Joëlle Bufole compte poursuivre sa lutte pour la promotion des droits des femmes

Journaliste au média « Le souverain libre » depuis bientôt deux ans,  Joelle Bufole plaide pour la promotion des droits des femmes dans la province du Sud-Kivu et en RDC en général, grâce à sa plume et sa voix. Ce qui vient de lui falloir le 3ième prix “Jeune femme journaliste” décerné par l’Union Congolaise des Femmes des Médias, UCOFEM en sigle, le 3 Mai 2020, à l’occasion de la journée international de la liberté de la presse.

 

Des femmes battues qui meurent en silence, tel est le titre de l’article soumis par Joëlle Bufole au concours lancé par UCOFEM. “J’hésitais entre un article qui parle des femmes porte-faits qui se battent pour la survie de leurs familles et celui-là. Mais lorsque mes recherches m’ont révélé que 4 femmes sur 10 subissent des violences conjugales et en meurent et plusieurs d’entre elles n’en parlent pas, j’ai trouvé juste de briser ce silence et de dénoncer pour que les femmes trouvent aussi le courage d’aller en justice et plaider leurs causes”, explique cette jeune femme, d’un air serein.

Choquée par les violations des droits des femmes dans les foyers, Joëlle Bufule dénonce les problèmes que subissent cette catégorie des femmes qui sont battues par leurs conjoints et qui se meurent en silence car les traditions et coutumes rétrogrades ne les encouragent pas à parler des problèmes de leurs foyers et prônent la supériorité des hommes sur les femmes .

 

A l’instar de plusieurs femmes journalistes de sa province natale, le Sud Kivu, Joëlle Bufole ambitionne un jour être à la tête d’un média spécialisé pour la promotion des droits de la femme et de l’environnement. Pour elle ce prix l’encourage à rencontrer les femmes en situation difficile, tel que celles dont l’histoire est relatée dans l’article, afin de leur donner espoir et ne plus garder le silence face aux atrocités qu’elles subissent.

 

Il sied de signaler que Joëlle Bufule est détentrice d’un Diplôme en Informatique de Gestion de l’Université Catholique de Bukavu, elle fait ses débuts dans la presse dans le média Jambo Rdc, après sa formation à l’école technique du journalisme ETJ. Elle invite ses consœurs jeunes femmes journaliste de travailler dur afin de réussir tout en étant sensible aux problèmes qui affectent d’autres femmes.

ByThèrese

MASQUES DE PROTECTION MADE IN BUKAVU

Si chacun porte un masque, le risque de transmission est significativement diminué, si personne n’en met, le risque est notoirement plus élevé.

Ce simple principe de base a été la motivation première de UWEZO AFRIKA INITIATIVE, d’apporter sa contribution à la lutte contre la pandémie à travers la fabrication des masques de protection. La réalité triste est que le coût de vie ne permet pas à la plus part des citoyens et citoyennes congolaises en général et de la province du Sud Kivu en particulier de rester à la maison suivant la recommandation des professionnels de santé et des autorités gouvernementales.

Tous les jours des centaines des personnes doivent sortir pour gagner de quoi vivre : vendre au marché, conduire des taxis/motos, acheter des vivres ou non vivres et bien d’autres métiers. Ces personnes sont en contact permanent avec d’autres. Ce qui accroît significativement le risque de propagation du virus.

Dans le souci de congoliser la riposte c.a.d adapter les mesures recommandées aux réalités locales, mettre à la portée du public d’un masque lavable et à un coût accessible s’avère important. « S’il faut remplacer mon masque toutes les 3 ou 4 heures, ça équivaut à 3 dollars par jour. Je préfère rester ainsi », tel est l’adage de plus d’un habitant de Bukavu.

Ces masques n’ont pas la vocation de remplacer les masques médicaux ou chirurgicaux. Ils constituent une alternative fiable car avec ces masques en tissus lavables, la propagation des gouttelettes quand on postillonne (mode de transmission du virus le plus fréquent) sera bloquée, même si la contamination peut se faire aussi par les surfaces. Si chacun met un masque, vous avez deux barrières consécutives à franchir pour le virus (vous vers votre correspondant, et votre correspondant vers vous). Deux barrières, c’est mieux que zéro barrière. La situation la moins favorable : personne ne met un masque. La situation modérément favorable : une des deux personnes en présence met un masque. La situation idéale : les deux ont un masque.” 

Bloquer  la propagation des gouttelettes  est encore plus essentiel en RDC en raison de la grande promiscuité. Cela vient compléter et renforcer les mesures de prévention décrétées par les autorités : le confinement, le respect d’une distance sociale (1,5 mètre minimum), le lavage des mains, etc. qui sont des mesures parfois difficilement applicables/appliquées dans le contexte congolais.

 

Le paramètre d’efficacité recherché est la capacité de filtration des matériaux utilisés pour des particules d’un diamètre de 3 microns émises par le porteur. Ce masque est classé en catégorie 2 ce qui en fait un masque à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant des masques. Comme tout masque barrière, la durée du port est limité à 4 heures. Son entretien se fait en suivant le simple lavage traditionnel c.a.d à l’eau tiède au savon ; séchage à l’air libre puis repassage doux au cran 2. Pour s’en procurer, contactez les numéros +243991016650 et +243999220585.

Signalons que dans le cadre de cette lutte, une coalition des femmes et jeunes contre le Covid 19 vient de voir le jour à Bukavu par les organisations suivantes : UWEZO AFRIKA INITIATIVE, L’observatoire de la parité, l’association du mouvement des scouts, KAZI ACTION ainsi que l’Action pour le bien-être de la femme et de l’enfant au Kivu (ABFEK). Cette coalition est ouverte à toute autre organisation de la société civile.

ByIsaac Musharamina

RDC/JIF : les femmes, piliers de l’économie informelle

Elles sont épouses, mères de plusieurs enfants, veuves et autres. Ces femmes se battent au quotidien pour l’économie de leur ménage dans un pays où l’écrasante majorité de la population croupit dans la pauvreté et sans-emploi.

À 6 h du matin, Aimerance fait déjà le porte-à-porte pour écouler son premier panier de pains avant une journée très chargée.

« Comme le vous voyez, je vais encore m’approvisionner, mêmes dix paniers, tout dépend du milieu de ton secteur de vente. Je ne gagne pas moins de 10 dollars par jour. Je vais clôturer ma journée vers 15 heures ou 16 heures. »

Compenser la précarité du mari

Gros bassin sur la tête rempli des baguettes, elle parcourt les rues. Cette épouse d’un fonctionnaire impayé compense la précarité de l’emploi de son mari.

« Il n’y a même pas de travail décent pour les hommes dans ce pays. Grâce à ce commerce, je paie le transport de mes enfants, les frais scolaires, les repas… et le reste on économise pour l’avenir. On se complète avec mon mari pour soigner la famille. Aujourd’hui, la femme doit aussi contribuer au ménage et ne pas rester sans rien faire. »

Cela fait dix ans qu’elle exerce la même activité qui a connu une expansion dans la ville. En plus des ventes à la sauvette, les Kinoises se retrouvent dans d’autres secteurs où travaillent généralement plutôt des hommes comme la construction ou alors le transport.

« Ce volant m’a tout donné »

Sur les hauteurs de Ngaliema (commune), on croise Maguy, quadragénaire et conductrice d’un taxi. « Se débrouiller ne demande pas qu’on soit homme ou femme. Ce volant m’a tout donné. C’est mon mari qui m’avait appris ce métier, il n’a plus de boulot. On a cinq enfants. C’est un travail pas facile mais au moins en tant que femme, je n’aurais pas à me prostituer pour avoir de l’argent. »

Sa voiture presque sans confort est la préférée des voyageurs à l’arrêt des taxis. Mais tout comme ses collègues, la quadragénaire n’est pas à l’abri des tracasseries policières.

Avec la RFI

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200307-rdc-femmes-piliers-%C3%A9conomie-informelle