Chaque 25 octobre, l’humanité célèbre la journée internationale des artistes, dans le but de valoriser la créativité artistique, rassembler et sensibiliser le public autour d’un sujet donné au sein de la société.
Dans la ville de Bukavu, cette journée a été célébrée dans un contexte purement exceptionnel, marqué par la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Face à cette situation de crise, l’artiste ne sait pas exercer ses activités dans toute liberté, suite aux contraintes auxquelles il se sent confronter.
L’artiste Saidath Carmella, Cheffe de l’orchestre Galaxy music, avoue qu’elle a célébré cette journée en chantant, tout en revenant sur les défis auxquels elle se heurte en cette période.
« La situation que nous traversons aujourd’hui n’est pas comme celle d’avant. En ces jours, nombreux producteurs ne sont plus dans la ville, et nos fans qui nous soutenaient avant sont aussi frappés par cette même crise. Si nous montons sur scène aujourd’hui, c’est juste parce que la visibilité fait partie de la vie d’un artiste, mais aussi car il nous revient entant qu’artiste d’être au côté du public pour jouer un rôle de divertissement et de résilience », a-t-elle souligné.
Artiste et mère de famille en même temps, elle ajoute qu’il n’y a pas vraiment d’opportunité en ces jours et que l’art traverse l’un de ses plus mauvais moments.
« Comme les opportunités sont quasi inexistantes en cette période, nous essayons de bien gérer le peu que nous tirons dans nos productions afin que chaque artiste y trouve sa part, et de notre côté, nous essayons d’adapter ce qui nous revient aux petites dépenses du ménage » renchérit-elle.
Conscient que l’environnement politique actuel ne favorise pas la création artistique, Franck Mweze, Directeur du centre culturel 3tamis, exprime sa désolation de voir que le gouvernement établi dans les zones sous occupation ne prend pas en charge différentes journées internationales et/ou mondiales.
« Pour le moment l’artiste n’est pas dans une bonne posture pour créer. Chacun ne cherche que d’assurer sa survie avant tout, et s’adapter à la situation que nous traversons. Aujourd’hui l’artiste est resté à la merci de celui qui est maitre du terrain. Le gouvernement de Kinshasa est resté silencieux face à la situation que l’artiste traverse, au même titre que celui qui contrôle la partie Est du pays», regrette-t-il
Franck Mweze, pense que même si l’artiste parvenait à créer en cette période, la difficulté se posera toujours au niveau de la consommation des œuvres, tout en évoquant le cas des sculpteurs qui n’ont à majorité que des touristes comme consommateurs de leurs œuvres, les musiciens qui ne savent plus trouver des producteurs pour la promotion de leurs œuvres, et tant d’autres disciplines sérieusement touchées.
« En période de crise, l’art ne peut pas être valorisé. L’artiste a besoin du calme et de paix pour produire en toute sécurité et trouver son inspiration, mais quand il est sous l’emprise de la crise sécuritaire et financière, il n’est pas dans la bonne condition de création et cela fait que l’artiste ballotte en cette période », martèle-t-il.
Au regard de cette difficulté que les artistes traversent en cette période, notre source pense que l’artiste devrait garder silence tout en travaillant, en documentant ce qui se passe afin de le présenter dans des jours à venir.
Sammy Balume