A Bukavu, le centre Delia Ndaro Art Culture œuvre à la transmission des valeurs culturelles auprès de la nouvelle génération à travers la « rencontre croisée des Loulanguistes ». Cette initiative, réunissant artistes et passionnés de musique traditionnelle, se veut un espace d’échange intergénérationnel et de valorisation des instruments ancestraux comme le likembe et le lulanga, afin de raviver l’intérêt des jeunes pour leur patrimoine culturel.
Cette deuxième édition a rassemblé les artistes traditionnels de différentes tribus et est considérée comme un espace d’éveil de la conscience et d’accroche de la jeune génération au tour de la culture.
Bien avant la prestation, des jeunes artistes de Bukavu ont appris à jouer au Likembe et au Lulanga, deux instruments traditionnels respectivement joués dans le Bulega et dans le Bushi pour transmettre des messages et histoires culturels. La danse traditionnelle et les narrations des contes, ainsi que des échanges sur les interdits ont été abordées, avant l’enregistrement d’une œuvre par les artistes en résidence.
Selon l’opérateur culturel et initiateur de ce projet, Thomas Lusango, la nouvelle technologique est en train d’écarter la nouvelle génération de la culture. L’organisation de la rencontre croisée des Loulanguistes est une occasion pour lui et pour le centre culturel Delia Ndaro, de ramener la jeunesse au tour des échanges et partages sur les valeurs culturelles de ces instruments.
« Ce projet nous a permis d’identifier les problèmes culturels de chez nous. Nous avons compris à quel point nous étions en train de perdre notre identité, et il fallait que nous fassions quelque chose, d’où la présence de la rencontre croisée des Loulanguistes».
Kika Wilondja, artiste et formateur sur le Likembe, loue l’initiative qui, pour lui veut faire revivre les traditions en milieu de la nouvelle génération : « Je félicite le centre Delia Ndaro art culture, pour cette initiative qui vient apprendre à la jeunesse les anciennes pratiques culturelles. Aujourd’hui, la jeunesse a perdu ses repères suite à la nouvelle technologie qui étouffe les échanges entre parents et enfants. Les contes sont disparus dans nos familles, pourtant une autre façon d’éduquer les enfants sur les réalités de la vie ».
Le formateur Kika appelle la jeunesse à se faire informer sur leur culture car, soutient-il, il n’existe pas un peuple sans culture.
Tenue du 10 au 11 avril, au centre Delia Ndaro art culture, la restitution de la deuxième édition de la rencontre croisée des Loulanguistes, a connu la participation des historiens, artistes de la musique traditionnelle et des opérateurs culturels.
Sammy Balume