Environ quarante mille bouteilles plastiques ont été transformées en deux monuments artistiques. Baptisées « Nkafu » et « Radier cette fatalité », ces œuvres constituent des plaidoyers visuels pour une gestion saine et durable de l’environnement local. Érigées dans le cadre de la clôture du « Mois Vert » sous l’égide de la Coopération Suisse, ces installations traduisent l’image d’une Ville où les résidus en plastique revêtent des nouveaux visages par des transformations en œuvres d’art.
Visible sur le rond-point menant vers la 33ème Région Militaire, le monument « Nkafu » porte à lui seul trente-cinq mille bouteilles. Reposant sur une accumulation de plastiques, l’œuvre symbolise la vache, symbole ancestral et patrimoine historique de la ville.
Nyangolo Amani Christian, l’artiste plasticien et sculpteur à l’origine de cette pièce, a souhaité évoquer l’identité historique de Bukavu (autrefois appelée Nkafu). Ceci pour porter un message de transformation. Pour lui, les déchets collectés peuvent servir à d’autres fins comme la transformation du plastique en ressource créative : « j’ai porté mon choix sur une vache avec des bouteilles en plastiques. Hier, elles salissaient la ville, aujourd’hui elles honorent la ville », affirme-t-il.
A la place Mulamba, une seconde structure symbolise un robinet monumental composé de bouteilles plastiques. La fonction originelle de cet objet détournée, « radier cette fatalité » est une œuvre qui rappelle qu’une gestion défaillante du plastique bloque les réseaux de drainage et expose à des inondations.
Par cette installation, l’artiste Mupenzi Benito appelle à la responsabilité collective. L’objectif est pour lui de susciter un questionnement systématique sur nos modes de consommation : « Si on ferme les yeux, on aura des graves problèmes car les déchets arriveront dans nos assiettes et nuiront sévèrement à la santé des générations ».
Au terme du Mois Vert, le Directeur de la Coopération Suisse s’est félicité de l’empreinte laissée dans le paysage de Bukavu. Grâce à ces monuments, « des messages sur l’environnement persisteront durablement sur la protection de l’écosystème », renseigne Thomas Jenatsch. Il ambitionne, à travers la Coopération Suisse, de renforcer l’engagement en faveur de l’environnement en étudiant les possibilités de structure des plans de gestion des déchets, de soutient de la recherche et de consolidation des bases juridiques nécessaires à une transition écologique locale.
Kathia AMINA