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L’industrie cinématographique de Bukavu connaît depuis quelque temps une évolution remarquable marquée par une production régulière de films locaux. Une dynamique qui témoigne de l’essor progressif du septième art dans la région. Toutefois, malgré cette avancée, la question de la commercialisation des œuvres demeure un défi majeur pour les producteurs et réalisateurs.

Alors que plusieurs disciplines artistiques gagnent progressivement en visibilité dans le paysage culturel local, le cinéma tente également d’imposer sa marque à travers une nouvelle génération d’acteurs et de créateurs engagés. Une véritable émulation se développe dans ce secteur culturel à Bukavu.

Cependant, dans un contexte où toute production artistique est destinée à être consommée par le public, le cinéma local peine encore à trouver un véritable marché de diffusion et de vente.

Selon Franck Mweze, coordinateur de la structure culturelle 3TAMIS, la production des films locaux progresse, mais les mécanismes de distribution et de commercialisation restent insuffisants.

« À chaque lancement, des films sont produits, mais la question de savoir qui achète et qui distribue ces œuvres reste encore sans réponse concrète », explique-t-il.

Pour cet acteur culturel, le développement du cinéma local passe nécessairement par la mise en place d’une politique efficace de commercialisation des œuvres. Il estime également qu’une meilleure coopération entre les villes de Bukavu et Goma pourrait contribuer à élargir les opportunités de diffusion des productions locales.

Franck Mweze encourage ainsi les artistes à investir davantage dans le marketing de leurs œuvres afin d’accroître leur visibilité et leur consommation auprès du public.

« Il faut travailler sur le marketing local pour rentabiliser les coûts investis dans la production. Cela demande aussi des histoires captivantes capables d’intéresser le public », souligne-t-il.

Il recommande également une réduction du prix de vente des films sur support numérique afin de faciliter leur accessibilité auprès des consommateurs.

Malgré les nombreux efforts consentis par les artistes pour faire émerger le cinéma local, Franck Mweze estime que des améliorations restent nécessaires pour permettre aux productions de Bukavu de s’imposer également sur les marchés extérieurs.

Ces derniers temps, plusieurs films locaux ont été mis sur le marché cinématographique de Bukavu. Parmi eux figurent notamment Drogue de Lavie Rock, Le Livre de Foshan d’Olivier Wakumana, connu sous le nom de Maître Fu, Les Ennemis jurés de Dricil Mastaki, Madame Arielle produit par 3TAMIS, ainsi que Yewande récemment lancé par Jocelyne Magadju.

Christian Buzangu.

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