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Le Centre Delia Ndaro a clôturé le mois de mars par un concert inédit mettant à l’honneur des femmes artistes formées à la fusion entre musique traditionnelle et jazz. Sous le thème : « Elle joue, elle chante du jazz », cet événement a marqué l’aboutissement de cinq mois de formation, révélant de nouveaux talents féminins déterminés à s’imposer dans un univers musical encore peu exploré localement et à transformer les perceptions sur la place de la femme dans l’art.

Devant une foule immense, huit femmes sur dix apprenants ont défilé sur le podium pour présenter le résultat de ce qu’elles ont acquis pendant la formation. Réparties en deux groupes, ces Jazzwomen certifiées à cette occasion, ont amené les spectateurs dans une autre dimension de l’art de Bukavu.

Elles se sont engagées à changer la perception de la communauté sur la femme, en jouant aux instruments de la musique au même titre que les hommes, en se servant du jazz pour mieux répondre aux exigences de la musique.

L’une d’elles, Binja Abigaël Francine, se réjouit de cette formation passée au centre Delia Ndaro art culture : « fusionner la musique traditionnelle et le jazz, m’a permis de découvrir une autre sorte de musique.  La joie que j’ai lu dans le visage des spectateurs a renforcé mon engagement de me perfectionner davantage au point de devenir une vraie jazzwoman dans la ville de Bukavu ».

Cette jeune-talent recommande au centre Delia Ndaro de poursuivre avec des séances de capacitation à leur faveur pour une bonne croissance de leur talent.

De son coté, Justine Cikwanine, est surprise de voir que la fusion de la musique traditionnelle et le jazz ait marché. Elle félicite les formateurs pour leur disponibilité à dispenser les cours.  

« Ce moment m’a permis de réfléchir sur une autre manière de faire la musique et aujourd’hui, je pense que les autres femmes qui avaient peur de se lancer dans la musique, vont le regretter, quand elles vont voir notre niveau. Je m’engage à travailler dur et à ne pas lâcher », dit-elle.

Les spectateurs ont salué l’engagement de ces artistes, mais aussi la qualité de leurs prestations.

 « Je suis émus de voir des femmes jouer aux instruments avec toute précision. Je vois que le jazz est en train de renaitre à Bukavu.  C’est une fierté de voir des femmes relever les défis en y insérant une touche de la musique traditionnelle », témoigne Asifiwe Lolench.

Le responsable du département de la musique jazz au centre Delia Ndaro, Zabulon Zagabe, se réjouit de cette formation très assidue. Selon lui, c’est la clé des résultats enregistrés à travers ce concert jazz.

« Je suis confiant que dans les jours qui viennent elles seront très loin. Elles étaient au niveau zéro lorsque nous avons commencé, mais voilà qu’elles sont aujourd’hui capable de passer sur scène et produire un concert aussi magnifique. L’encadrement continu et chaque fois que nous avons des activités, nous ferons appel à elles».

Cette restitution s’inscrit dans le cadre des activités du projet « épanouissement de la créativité culturelle des jeunes dans la ville de Bukavu », financé par l’agence Belge Enabel, grâce à l’accompagnement de Uwezo Afrika Initiative.

Sammy Balume

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