Partager

Le secteur littéraire de la province du Sud-Kivu brille sous les projecteurs internationaux. Par son roman « Le nom de ma mère », Pascal Boroto a remporté la cinquième édition du prix « Les Voix d’Afrique » 2026, marquant ainsi sa carrière officielle dans le secteur de la littérature. Impactant individuellement sur la vie de l’auteur, cette victoire se positionne comme un puissant plaidoyer pour la reconnaissance des récits et vécus des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo.

Écrit après la perte de celle qu’il qualifie de Modèle, l’ouvrage rend hommage à sa mère, Solange Lusiku. Ce roman est dans ce sens un moyen par lequel l’auteur « verbalise l’absence de sa mère ». Par le récit, Il explore également les méandres de l’identité et interroge le silence sourd entourant les violences subies par les populations civiles.

En abordant des thématiques liées aux conflits armés, Pascal Boroto transforme la douleur en un cri d’alerte. « Le prix vient ici légitimer une démarche de mémoire, offrant une résonance mondiale à des réalités souvent ignorées », confie-t-il.

Pour les écrivains de la ville de Bukavu et ceux de la province du Sud-Kivu de manière générale, le gagnant de la 5ième édition des voix d’Afrique brise un plafond de verre. Son succès prouve que les histoires ancrées dans le vécu quotidien du Kivu possèdent une force capable de transcender les barrières géopolitiques. Ce sacre encourage les auteurs locaux, estime-t-il, à « oser » les plateformes internationales, transformant leurs textes en outils de plaidoyer global.

« Ce prix envoie un message au monde que nos voix et nos réalités comptent. Qu’une voix nait de réalités congolaises de l’Est peut être entendue », ajoute l’auteur.

L’intérêt de ce prix réside dans un autre sens comme un levier économique et symbolique. Il positionne Bukavu sur la carte des centres de création contemporaine. En attirant l’attention sur ces « récits ignorés », Pascal Boroto espère susciter une vocation chez ses pairs de croire en la valeur marchande et intellectuelle de leurs œuvres.

«Il ouvre des portes car je me dis que d’autres jeunes peuvent se dire que leur voix a de la valeur et mérite d’être entendue et plus tard postuler à ce même prix », conclue-t-il.

Kathia AMINA

Partager