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Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est marqué par une précarité économique, d’innovation et de collaboration artistique, entrainant  un retard d’éclosion du Secteur culturel. D’où le besoin d’outiller les artistes émergents su les réalités du domaine.

C’est dans cette lancée, que le projet Izulu live, dans son programme Izulu Workshop, a tenu une séance d’échange avec les artistes locaux de diverses disciplines autour de « la gestion de carrière artistique et le management des artistes émergents ». Incluant des artistes musiciens, plasticiens, danseurs, ce talk-show a permis d’enrichir les discussions et d’apporter plusieurs perspectives sur les défis communs rencontrés.

Pour Jean Luc Ramazani, Directeur de ce programme, rendre une passion rentable nécessite dans un premier temps d’identifier ses défis et les stratégies palliatives. Ainsi, les undergrounds devraient contourner les problèmes auxquels ils se heurtent dans la réalisation de leur métier.

« Seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin ». Cette philosophie africaine a trouvé son sens dans Izulu Workshop. Pour assurer la qualité  d’un travail original, présentable et qui accroit la carrière de l’artiste, le travail individuel est une option à éviter. Pour émerger, il a été recommandé aux artistes d’établir des programmes de partage d’expériences, d’ateliers de capacitation et d’assoier des équipes évaluatives de leurs productions.

La gestion des plateformes numériques chez nombreux artistes est un autre défi, pourtant utile pour vendre les productions d’un artiste via le digital.

Le programme Izulu Workshop note que le personal Branding est une stratégie marketing qui se présente chez les artistes comme un moyen indispensable de construction et gestion de leur image. A cela s’ajoute l’exposition de leurs compétences ainsi que les valeurs afin de se démarquer professionnellement et développer leur notoriété. 

« Les défis sont tels que le manque de ressources pour les artistes émergents. Pour contourner ces défis, j’ai proposé la mise en place des réseaux de soutien entre artistes, l’organisation d’ateliers de partage des compétences et la recherche des partenariats avec des institutions culturelles », a- t- il dit.

Entre réseautage et découverte

Andema Munyali dit Andema Pencil, Artiste visuel et écologiste de la ville de Bukavu, a saisi cette occasion comme moment de réseautage en apprenant du vécu des autres. Des acquis de ces échanges, avoir des objectifs clairs lui permettront d’évoluer tout en rentabilisant son art : « j’ai appris que c’est mieux d’avoir du talent, mais un artiste émergent doit apprendre à rentabiliser son métier par des stratégies pour que le talent soit visible et impactant. Aussi apprendre à créer et promouvoir en usant des partenariats».

Walter 409, Rappeur de la place a plongé dans des horizons nouveaux. Par des exercices de projection, son projet artistique s’est vu sous des nouveaux angles et Izulu workshop a reconstruit sa vision de l’art.

 « Cette opportunité m’a aidé à reconstruire mon cv, et à savoir quels sont les éléments qu’il me faut dans ma carrière.     C’était un moment instructif qui m’a permis de redéfinir ce que j’avais».

Izulu Workshop s’est soldé par des perspectives d’une plus grande collaboration entre les artistes locaux par l’union, la défense des valeurs artistiques dans la société et l’exploration des nouvelles voies pour faire entendre les voix et les créations.

Kathia Amina

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