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Dans un secteur culturel encore largement dominé par les hommes, la présence des femmes reste marginale, particulièrement dans la manipulation des instruments musicaux où elles sont souvent cantonnées au chant ou à des rôles secondaires dans la ville de Bukavu. Quelques initiatives sont en cours pour inverser la tendance et donner à la femme la force de relever les défis.

Le groupe Binti Music Band, à travers la voix de la guitariste Rachel Bukasa, appelle les femmes à briser ces barrières, à se former à la pratique instrumentale et à s’imposer comme des actrices à part entière de la création artistique, afin de renforcer leur autonomie et contribuer pleinement au développement de la scène culturelle locale.

Selon elle, l’intégration des femmes comme instrumentistes peut renforcer la qualité de leurs prestations scéniques et déconstruire les préjugés qui cantonnent encore la pratique instrumentale aux hommes. Pour la guitariste, cette maîtrise constitue non seulement un levier d’émancipation artistique, mais aussi un facteur clé d’autonomie financière et de contribution active au développement du secteur culturel local.

« Les femmes devraient s’approprier la manipulation des instruments musicaux pour prouver leur pouvoir et marquer leur nécessité dans l’avancement du secteur culturel », soutient-elle.

Elle fustige les hésitations remarquées chez certaines femmes qui devraient se tracer un chemin dans ce métier considéré comme masculin. Forte d’une expérience de 4 ans, Rachel Bukasa affirme que ce travail contribue à l’autonomie financière de la femme et prouve sa capacité dans le développement d’un secteur culturel.

« Il y a toujours des difficultés quand une femme veut se lancer la carrière musicale et surement les surmonter n’est toujours pas facile. Aujourd’hui cette décision me rend fière de moi à voir, surtout, la considération particulière me réservée lors de mes prestations », renchérit Rachel Bukasa.

Soigner l’image de la femme artiste

Le  parcours de Rachel Bukasa est non sans difficultés. Elle a dû faire aux stéréotypes. Aujourd’hui, elle est convaincue que les femmes instrumentistes peuvent être le miroir de l’art de Bukavu.  Sa vie artistique est l’une des raisons d’inciter ses semblables à se lancer dans ce métier afin de lutter contre les stéréotypes.

« Ce métier réserve plus d’opportunités à la femme. Etant minoritaire dans le secteur, le public a besoin de découvrir les talents des femmes artistes », soutient-elle.

Basiste depuis plus de six ans, Richesse zagabe, soutient que la femme artiste qui se distingue dans ce métier ignoré brise les limites et préjugés collés abusivement aux femmes.

Pour elle, l’utilisation des instruments pendant sa production est une manière de confirmer la force de la femme : « Pour plus de valorisation des talents féminins, je conseille à toute femme évoluant dans l’art oratoire de se perfectionner dans l’usage des instruments pour donner plus du sens à nos talents », insiste-t-elle.

Elle appelle à la promotion de la masculinité positive dans le secteur culturel de la ville de Bukavu, mais aussi à celles qui désirent d’intégrer « Binti Music Band » pour la promotion de leurs compétences féminines.

Gisèle Bashwira

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