Né à Karhembo le 28 avril 1934 dans le territoire de Kabare, actuel Nyabangere dans le quartier Cikonyi dans la province du Sud Kivu, le grand Mujinji du Bushi, M. N’Iganda Bagula Cirimwami II à grandit des échelons devenant chef coutumier et chef du clan Bashinjahavu.
Fils de N’iganda Cirimwami Cihenga et M’Kaningu, M. N’Iganda Bagula Cirimwami II, débute l’école primaire à la paroisse de Kabare connue à cette période au nom d’Irhondo Byuhu actuelle Kamole.
Après ses études primaires, N’Iganda Bagula Cirimwami II s’associe à son père pour comprendre les arcanes royales. Il débute ses fonctions du grand Mujinji à la mort de son père vers les années 1974, l’année d’ailleurs qui a marqué la mort du roi Ntayitunda. Il devint alors le N’iganda 18.
« Depuis très longtemps, la présidence de la garde de la coutume est entre les mains de la famille N’Iganda et c’est là, que j’ai commencé à m’intéresser à la culture », dit-il.
Il a hérité la fonction de grand chef des Bajinji (conseillers) au bushi de par l’histoire du roi Kamome. Son père, comme ses grands pères ont exercé la même fonction au sein de la cour royale.
Dans des attributions, N’iganda 18 est chargé d’introniser les rois et dicter certaines lignes coutumières au sein de la chefferie. A son compte, N’Iganda Bagula Cirimwami II, a déjà intronisé deux (2) rois, dont le roi Kabare Rugemaninzi II en 1974 et Alexandre Rugemaninzi Nabushi 30 en 2024.
Pour N’Iganda Cirimwami II, on nait Mujinji mais on ne le devient pas par acquisition.
« Le rôle de Mujinji ne s’achète pas. Un mujinji ne peut pas être relégué de ses fonctions. Et lors de sa mort, son fils ainé prends les fonctions de Mujinji » : renchérit-il.
Des guerres communautaires comme à l’époque de Corneille Mpozi au règne du roi Nabushi et celle à la période de l’investiture de sa magesté Mwami Rugemaninzi II, tels sont les moments sombres auxquels il s’est heurté depuis la prise de ses fonctions entant que grand Mujinji au Bushi.
Pour pérenniser les valeurs culturelles, il appelle les parents à apprendre à leurs enfants dès le bas âge les principes et les normes culturels ainsi que le respect de la coutume. Ceci est, pour lui, le seul moyen permettant à assurer la relève.
Marié et père de 15 enfants, N’Iganda Bagula Cirimwami II est considéré aujourd’hui comme le bras droit du mwami et exerce l’ultime fonction de conseiller principal.
David BYADUNIA.