À Bukavu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, des artistes cinéastes redoublent d’efforts pour utiliser le cinéma comme un puissant outil de dialogue et de réconciliation sociale. Face aux tensions communautaires et aux clivages identitaires qui minent parfois la cohésion dans cette région, ces réalisateurs croient fermement au pouvoir des images pour éveiller les consciences et retisser le tissu social.
Ces dernières années, plusieurs jeunes talents du cinéma local se sont regroupés au sein de collectifs et d’associations culturelles afin de produire des films qui abordent sans détour les problématiques de la cohabitation pacifique, du vivre-ensemble et de la tolérance. À travers des projections communautaires, suivies de débats ouverts, ils invitent habitants, chefs locaux, jeunes et femmes à réfléchir ensemble sur les messages véhiculés.
Tisser les liens se par le cinéma
Le cinéma comme art ne pas un métier orphelin. Il s’exerce avec le concours des plusieurs personnes. Le réalisateur Revocatus Namegabe soutient qu’en faisant appel à des communautés, des catégories diverses, le film rassemble et forge la cohésion entre personnes.
« Nous recevons les catégories confondues lors des projections publiques chez 3Tamis. Elles suivent ensemble des films et communiquent comme appartenant à un univers commun. Le cinéma noue des relations et sert de voie de cohésion sans complexe », souligne-t-il.
Le cinéma un art de conciliation communautaire
Le septième art dans son essence ne diverti pas seulement, mais il unit aussi. Des courts-métrages produits localement ont mis en lumière les conséquences des discours de haine et de la stigmatisation. Dans son film Haki, Gloria CHABENE, lance un appel pressant pour que les communautés concilient leur vues. Il raconte aussi des histoires inspirantes de solidarité entre communautés parfois divisées par l’histoire ou les conflits armés.
« Je mise plus sur l’unification des acteurs et la cohésion pendant la réalisation d’un film. Une manière d’interpeller les autorités à servir aussi du film comme voie d’accommodement pour les communautés divisées », révèle-t-elle.
Pour beaucoup d’habitants, ces productions locales donnent une voix aux sans-voix et ouvrent un espace où les différences peuvent être discutées sans violence. Une démarche salutaire, dans une région encore marquée par les cicatrices des conflits, mais dont les habitants aspirent plus que jamais à une paix durable. A ce stade, il est plus que temps de soutenir les initiatives des cinéastes locaux et clubs de cinéma.
Christian Buzangu