Partager

La guerre n’a jamais été une bénédiction. Elle déchire les familles, arrache les personnes à leurs racines et laisse derrière elle des cicatrices profondes. L’artiste cinéaste Jocelyne Magadju a décidé de donner une voix à celles qu’on entend rarement : les femmes déplacées, victimes de violences, dont la souffrance reste enfouie dans le silence.

Son film, « Fardeau du silence », met en lumière les atrocités vécues par ces femmes, notamment les viols, et cherche à éveiller les consciences.

« J’ai voulu raconter l’atrocité de ces femmes méconnues de la communauté. En réalité, l’attention semble portée sur d’autres préoccupations alors que celles-ci devraient interpeller et mobiliser chacun de nous », explique Jocelyne Magadju.

Le film dépeint le regard de la société sur les femmes déplacées, un regard souvent réducteur qui les enferme dans le stigmate et la marginalisation. Ce témoignage artistique plonge dans une douleur réelle, mais aussi dans une résilience qui interpelle.

Pour la réalisatrice, ce projet est une étape majeure : « Fardeau du silence est mon premier film. Grâce à lui, j’ai pu exprimer ma voix comme artiste et femme. Il m’a permis de m’épanouir et de confirmer mon choix du cinéma comme profession », confie-t-elle.

Le film, réalisé avec la structure KINO Bukavu, représente pour Jocelyne Magadju une véritable opportunité de croissance.

« Comme femme artiste, c’est déjà une opportunité de communiquer. Ce film m’a permis aussi de diriger une équipe mixte composée d’artistes hommes et femmes », ajoute-t-elle, non sans souligner l’importance de briser les préjugés autour des femmes engagées dans l’art.

A travers le film « Fardeau du silence », Jocelyne Magadju lance un appel  pour accompagner la femme dans son cheminement artistique et social, notamment briser les restrictions, et de transformer sa douleur en une force collective.

Christian Buzangu

Partager